Nouvel espoir pour les cardiaques

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 21/01/2003 - 00h00
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Une première mondiale a eu lieu en Belgique. Si les résultats se confirment, la transplantation cardiaque pourrait devenir un traitement de deuxième intention chez les patients ayant subi un infarctus important.

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L'infarctus du myocarde s'accompagne toujours d'une faiblesse du muscle cardiaque qui apparaît immédiatement mais se prolonge dans le temps. En effet, l'infarctus apparaît dans un territoire du cœur lorsque celui-ci ne bénéficie plus d'un apport sanguin satisfaisant. Les cellules qui constituent le muscle cardiaque meurent alors. Ceci explique la diminution immédiate de la force du muscle. A plus long terme, le muscle est progressivement remplacé par un tissu fibreux, rigide, comme une cicatrice apparaissant sur la peau après une coupure profonde. Ce tissu cicatriciel ne peut pas se contracter comme le faisaient les cellules musculaires. La perte de force musculaire devient donc chronique.

Transplantation difficile

On comprend que si la portion du cœur ayant subi l'infarctus est peu importante, la perte de contractilité sera réduite. En revanche, si l'infarctus intéressait un territoire plus grand, cette diminution de la force musculaire est telle que le muscle est incapable d'assurer sa fonction vitale : une transplantation cardiaque est donc parfois la seule issue possible.Cependant, si on réalise cette intervention de mieux en mieux, plusieurs difficultés se posent.

  • D'abord, le manque d'organes fait que beaucoup de candidats à la greffe décèdent sans avoir pu en bénéficier.
  • Ensuite, il s'agit tout de même d'une intervention à haut risque et la survie sur plusieurs années reste incertaine.
  • Enfin, la greffe oblige celui qui l'a recue de prendre des médicaments pendant très longtemps pour éviter le rejet.
L'hôpital Onze Lieve Vrouw d'Alost vient de réaliser ce que l'on a appelé une première mondiale en transplantant non plus un cœur entier mais des cellules particulières dans le cœur d'un patient sexagénaire ayant subi un infarctus étendu.

De bonnes souches

Les cellules en question, des cellules souches, sont très étonnantes. Ce sont des cellules très jeunes fabriquées dans la moelle des os. Ces cellules viennent de naître. Leur caractéristique principale est de pouvoir se transformer pratiquement en n'importe quelles autres cellules qui constituent les tissus de notre organisme. Placées dans un muscle, elles recevront des informations pour se spécialiser en cellules musculaires ; au niveau des os, elles produiront de l'os. En fait, au stade où les spécialistes d'Alost les ont injectées au patient, elles sont déjà un peu spécialisées. C'est ce qui fait que cette expérience constitue une première mondiale car personne n'avait utilisé jusque-là des cellules souches CD34. D'autres équipes, allemandes notamment, avaient employé d'autres cellules avec moins de succès. L'intérêt des CD34 est de se transformer volontiers en cellules musculaires cardiaques.Pour réaliser un tel exploit, les chercheurs ont tout d'abord prélevé les cellules dans la moelle osseuse du patient qui avait subi l'infarctus. Ils les ont ensuite lavées et triées par des techniques assez complexes. Pourtant, grâce aux nouvelles technologies, cette opération ne prend généralement pas plus que quelques heures. Par la suite, ils introduisent un long tube, un cathéter, dans une artère du patient et remontent jusqu'au cœur, à l'endroit même de l'infarctus. C'est là qu'ils injectent les cellules CD34.

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 21/01/2003 - 00h00 Communiqué de presse de OLV Aalst 14/01/03
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