Tétanos

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Son traitement nécessite une hospitalisation prolongée en service de réanimation et l'on déplore encore des décès dans environ 20 % des cas. Ces chiffres sont d'autant plus regrettables que la vaccination est efficace à 100 %, mais malheureusement trop souvent oubliée par les adultes.

Des toxines produites par un bacille, le Clostridium tetani. Cette bactérie, très résistante, se trouve dans l'environnement : sols et déjections animales. Elle pénètre dans l'organisme par une plaie cutanée, souvent occasionnée par des travaux de jardinage, de bricolage, du matériel souillé ou une chute. En se disséminant dans la circulation sanguine, les toxines produites par le bacille tétanique agissent sur le système nerveux après une période d'incubation de 4 à 21 jours.

Les toxines se fixent sur les terminaisons des nerfs moteurs, ce qui provoque une contraction musculaire. Elles bloquent la libération des neurotransmetteurs (molécules permettant le transport de l'information d'un neurone vers un autre). Ce blocage provoque une contraction accrue des muscles et des spasmes. Les toxines peuvent aussi entraîner une diminution de la force musculaire ou une paralysie.

Le tétanos est dit localisé, quand seuls les nerfs destinés aux muscles impliqués sont touchés. Le tétanos est généralisé si les toxines passent dans la circulation sanguine et atteignent les autres terminaisons nerveuses.

  • Nettoyer toute plaie, même minime, avec du savon puis un antiseptique.
  • Vérifier que la vaccination antitétanique est bien à jour. Un rappel doit être fait tous les 10 ans.

Un tétanos généralisé, se manifeste par :

  • une contracture des muscles des mâchoires (trismus), du cou, du tronc, des membres ;
  • des spasmes généralisés ;
  • une dysphagie (difficulté pour manger, parfois pour avaler) ;
  • une cyanose (coloration bleue) des téguments due à un trouble de l'oxygénation ;
  • une apnée (arrêt des mouvements respiratoires) ;
  • des spasmes du larynx.
Les contractures musculaires peuvent également entraîner :
  • une hypertension (augmentation de la tension artérielle) ou une hypotension (baisse de la tension artérielle) ;
  • des troubles cardiaques avec une tachycardie (accélération du rythme cardiaque) ou une bradycardie (diminution du rythme cardiaque), une arythmie (troubles du rythme cardiaque), voire des arrêts cardiaques ;
  • une fièvre très élevée, des sueurs abondantes.
Un tétanos localisé au cours duquel les symptômes sont limités aux muscles situés près d'une plaie. Un tétanos céphalique, faisant suite à une lésion de la tête ou à une infection de l'oreille. Il donne lieu à un trismus, une paralysie faciale, une dysphagie et un spasme laryngé. Un tétanos néonatal, le plus souvent généralisé. Il se voit chez les enfants dont les mères n'ont pas été correctement vaccinées, essentiellement dans les pays en voie de développement. Il survient généralement à la suite d'une manipulation du cordon ombilical dans de mauvaises conditions sanitaires. Le début de la maladie s'observe pendant les deux premières semaines de vie, avec une contracture et des difficultés d'alimentation. La suspicion de tétanos impose l'hospitalisation en urgence. Pour faire le diagnostic, il faut effectuer des prélèvements de bactéries au niveau de la plaie (mais le germe n'est pas toujours retrouvé). Les examens de laboratoires révèlent parfois une hyperleucocytose (augmentation des globules blancs) ; l'examen du liquide céphalo-rachidien est normal ; le taux des enzymes musculaires peut être élevé.

Le traitement s'effectue à l'hôpital, en service de réanimation, avec une surveillance continue par un monitoring pulmonaire et cardiaque. Les plaies doivent être soigneusement nettoyées. Des gammaglobulines (anticorps) antitétaniques spécifiques humaines doivent être administrées rapidement par voie intramusculaire. Un traitement par antibiotiques est nécessaire pour éradiquer les bactéries, qui produisent des toxines. Des médicaments sédatifs sont utilisés. La trachéotomie (ouverture de la trachée au niveau de la partie avant du cou pour une canule, permettant la respiration assistée) est parfois nécessaire. On a recours à la ventilation assistée et artificielle en cas de défaillance respiratoire. Des anticoagulants sont également prescrits en raison du risque d'embolie pulmonaire. Le pronostic de cette maladie est grave et l'on déplore des décès dans 20% des cas. Des séquelles demeurent dans plus de 10% des cas (escarres, rétractions secondaires à l'immobilisation prolongée, difficultés à la marche). Ces cas graves soulignent l'importance de la prévention par la vaccination. Celle-ci est systématique et obligatoire pour les bébés et comprend une série de trois injections à 1 mois d'intervalle. Les rappels doivent être effectués tous les 5 ans jusqu'à l'âge de 20 ans et tous les 10 ans ensuite.

Publié par <a href="/taxonomy/term/19071" hreflang="fr">Dr Sylvie Coulomb</a> le 05/03/2003 - 01h00 Le tétanos en France en 2000 et 2001. D. Antona. BEH (Bulletin épidémiologique hebdomadaire) n°40/2002. Calendrier vaccinal 2000. Avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France. BEH n°06/2002. Pathologie infectieuse. Vachon. J.B. Bailliere.
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