Les grosses désillusions!

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 20/04/2004 - 00h00
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Beaucoup de gens pensent qu'une pratique sportive assidue garantit la perte de poids. Et de se précipiter sur la balance à l'issue de séances éreintantes pour constater que hélas, mille fois, hélas...

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L'activité physique consomme de l'énergie. Qu'il s'agisse de course à pied, cyclisme, natation ou tennis, il serait donc assez logique qu'au terme d'une séance assidue d'entraînement, on se trouve un peu plus maigre qu'avant. Et pourtant, c'est rarement le cas! Ou alors, le recul du poids paraît ridiculement faible au regard des efforts consentis. On peut en concevoir une certaine amertume; se dire que finalement le sport ne fait pas maigrir et se tourner alors vers le dernier régime miracle à la mode. Ce serait une erreur. Voici pourquoi.

Ne pas confondre volume et poids

Les effets d'un programme sportif tardent à se voir sur la balance, c'est vrai. Mais l'explication de ce phénomène mérite qu'on lui prête un peu d'attention. Car en faisant du sport, on perd de la graisse, certes, mais on gagne aussi du muscle. Or le tissu musculaire a une densité supérieure à celle de la graisse. Voilà qui explique que l'on peut légèrement diminuer de volume tout en restant à son poids initial. Cette transformation ne s'affiche pas sur la balance. Mais elle se remarque à l'Œil nu. On paraît plus en forme, plus tonique, plus affûté. Déjà, cela vaut la peine de continuer. D'autant qu'un second phénomène entre en ligne de compte et devrait, lui aussi, nous inciter à ne pas baisser les bras. Car c'est ici qu'intervient la leptine, une hormone découverte il y a dix ans et qui commande à sa manière la prise d'aliments.

Le sport, ça creuse

L'histoire de la leptine remonte à 1994, année où elle fut identifiée pour la première fois par une équipe de chercheurs américains. Elle fut baptisée "leptine" du grec "leptos" qui signifie "minceur". Cette molécule est produite par la graisse pour signifier au cerveau que les réserves sont pleines et qu'il doit donc donner l'ordre d'arrêter de manger. De fait, sa libération entraîne la disparition de la sensation de faim. Or, il se trouve que la mise en place d'un programme sportif chez un sédentaire inhibe dans un premier temps la sécrétion de la leptine. Celui qui se met au sport éprouve donc un appétit plus grand que d'habitude. Inconsciemment, il mange davantage et gagne d'un côté ce qu'il s'efforce de perdre de l'autre. Cette période d'acclimatation dure, en général, une semaine ou deux. Ensuite, la production de leptine reprend et la faim disparaît. Il ne reste alors que les avantages d'une élévation des dépenses caloriques. Voilà pourquoi les sportifs entraînés n'ont pas plus souvent faim que les autres. Et surtout pourquoi ils contrôlent plus facilement leur poids. En conclusion: l'erreur à ne pas commettre consiste à se décourager trop vite. Le sport fait maigrir... avec persévérance!

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 20/04/2004 - 00h00
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