Cocaïne : le coeur s'arrête

Publié par Isabelle Eustache le 29/04/2003 - 00h00
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La plupart des consommateurs de cocaïne ne connaissent pas les effets cardiovasculaires associés à cette consommation. Pourtant, ils sont réels, avec notamment un risque d'arrêt cardiaque particulièrement élevé dans l'heure qui suit la prise.

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Les effets délétères cardiaques de la cocaïne sont hélas peu connus. Pourtant, cette drogue peut être à l'origine de manifestations cardiovasculaires aiguës et chroniques redoutables : cardiopathie ischémique silencieuse ou non, infarctus du myocarde, athérosclérose accélérée, cardiomyopathie dilatée ou hypertrophique, myocardite. La cocaïne peut se fumer, se prendre par voie nasale ou par injections intraveineuses. Un risque cardiaque existe avec ces trois modes d'administration. Fumée, la cocaïne arrive dans la circulation générale par voie respiratoire en quelques secondes ou quelques minutes. Par voie nasale, elle passe dans la circulation en 30 à 60 minutes. Le risque d'infarctus du myocarde est surtout élevé dans la 1re heure qui suit l'utilisation de cocaïne, mais l'intervalle de risque va de quelques minutes à quelques jours. Des cas d'infarctus du myocarde ont été rapportés chez les fumeurs occasionnels, les fumeurs réguliers, voire même après une première dose. En augmentant la pression artérielle, le rythme cardiaque et le risque de spasme coronaire, cette drogue accroît les besoins du cŒur en oxygène, ce qui favorise l'ischémie myocardique.

Message à faire passer

Les résultats de cette étude arrivent à point nommé, au moment où l'équipe de France de rugby a débuté le Tournoi des 5 nations sans son pilier d'origine sud-Africaine, Pieter de Villiers, car contrôlé positif à la cocaïne et à l'ecstasy en décembre dernier. Pourtant, ces substances ne sont pas connues pour améliorer les performances des sportifs. Par ailleurs, les troubles du comportement entraînés par la cocaïne ne passent pas inapercus. Pour un sportif, arriver trop tôt, trop tard ou pas du tout à une séance d'entraînement, devient classique. Les altercations avec d'autres membres de l'équipe sont fréquentes et la capacité à évaluer ses propres performances sont faussées.Les effets secondaires de la consommation de cocaïne sont particulièrement dangereux : élévation de la température corporelle, pouvant aboutir en été chez un sportif à une hyperthermie, mais également, augmentation des besoins du cŒur en oxygène pouvant conduire à un arrêt cardiaque ou à un accident vasculaire cérébral, particulièrement si le sportif est fumeur. Et enfin, précisons que les produits de dégradation sont très facilement retrouvés dans les urines, même à des consommations très faibles. Une éducation exposant clairement les dangers de cette substance pourrait servir à en limiter l'usage.

Publié par Isabelle Eustache le 29/04/2003 - 00h00 Kloner R.A. et coll., N. Engl. J. Med., 348 : 487-8, 2003.
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