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Le bonheur est-il bon pour la santé ?

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 14/12/2015 - 22h33
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Vit-on plus longtemps quand on est heureux ? Une étude qui a porté sur près d'un million de femmes nous montre que ce n'est pas le cas. Bonheur et espérance de vie sont bien liés, effectivement, mais pas dans le sens auquel on pense habituellement...

 

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Pas de diminution de la mortalité chez les femmes les plus heureuses

Pour vérifier l'impact d'une vie heureuse sur l'espérance de vie, une chercheuse australienne et son équipe ont étudié les résultats d'une étude britannique qui a obtenu des données de plusieurs centaines de milliers de femmes (on l'appelle la Million Women Study, mais en réalité les chercheurs ont obtenu pour cet étude plus de 719 671 femmes). La question de leur bonheur a été posée, et 10 ans plus tard, la mortalité de celles qui se disaient heureuses a été comparée aux autres.

Première leçon : la plupart des femmes sont plutôt satisfaites de leur sort (39 % sont heureuses la plupart du temps, 44 % habituellement heureuses, et seulement 17 % se déclarent malheureuses). Seconde leçon, celle que les chercheurs voulaient obtenir : non, être heureuse ne permet pas de vivre plus longtemps ! En effet, ni la mortalité de toutes causes, ni celle qui est liée spécifiquement au cancer ou aux maladies cardiaques, ne sont affectées par le fait que les femmes sont heureuses ou ne le sont pas.

 

Être en mauvaise santé rend malheureux

Au premier regard, il y a effectivement un lien entre bonheur et espérance de vie. Mais l'importance de l'état d'esprit disparaît quand on exclut différents facteurs qui peuvent influencer le lien. Ainsi, les femmes malheureuses ont tendance à ne pas faire les bons choix pour leur santé : tabagisme ou surpoids sont plus fréquents chez les personnes moins heureuses, et augmentent leur risque de mortalité.

Les chercheuses ont aussi éliminé du tableau l'impact de nombreuses maladies comme l'hypertension, le diabète, l'arthrite, l'asthme… Jusqu'à obtenir une réponse claire à la question. Être heureux, en soi, ne permet pas de vivre plus vieux, mais être malade, et donc susceptible de mourir plus jeune, rend réellement malheureux.

L'équipe note également que l'état de santé comme exprimé par les patientes avait une importance particulière : les femmes qui se sentent en moins bonne santé sont à fort risque de mourir plus jeunes que les autres ; elles sont aussi nettement moins heureuses. Encore une raison pour les médecins d'écouter leurs patientes… et pour elles de se faire entendre !

 

Initialement publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 14/12/2015 - 22h33 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 14/12/2015 - 22h33

Liu, B. et al., Lancet, décembre 2015, DOI: http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(15)01087-9

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