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Le suicide chez les jeunes : comment l'expliquer ?

Publié par Isabelle Eustache : Adaptation : Danielle Pickman, Journaliste scientifique le 03/09/2002 - 00h00
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Période charnière et souvent troublée entre l'enfance et l'âge adulte, l'adolescence constitue un cap difficile à passer. Au point que certains tentent de mettre fin à leurs jours. Comment expliquer un tel acte ? Stéphanie Astori, psychologue et thérapeute familiale fait le point.

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Qu'est-ce qui pousse un adolescent à se suicider ?Stéphane Astori : Les causes d'un suicide sont multiples :

  • il peut s'agir d'une déception amoureuse,
  • d'un échec scolaire mal vécu,
  • d'une situation familiale problématique.
Le degré de gravité des causes du suicide est très variable :
  • cela peut aller d'un inceste,
  • à une crise passagère beaucoup moins " grave ".
Cependant, dans tous les cas, c'est une situation que les adolescents vivent mal. En passant à l'acte, ce n'est pas tant l'envie de mourir qui les guide que l'envie d'en finir avec cette situation douloureuse. En général, le suicide n'est pas programmé comme chez les personnes dépressives, c'est un acte instinctif, parfois en-dehors de la réalité, un acte où le fantasme joue un rôle important.

Le fantasme… c'est-à-dire ?S.A. : C'est assez spécifique aux adolescents malheureux qui ont l'impression de ne pas être aimés ou compris. Certains vont " rêver " leur mort et ses conséquences : ils imaginent alors leur enterrement et la tristesse de leurs proches. Une facon de voir la situation se retourner, mais aussi une facon de " faire payer ", sous-tendue par l'idée : " vous ne m'avez pas compris, voilà ce qui est arrivé ". Ce type de fantasmes peut viser la famille ou le/la partenaire après une rupture amoureuse. Dans ce cas d'ailleurs, il existe souvent une vraie problématique de la séparation : la rupture amoureuse réactive des angoisses que l'adolescent a peut-être vécu enfant. Les jeunes filles sont, en la matière, plus " sensibles " au suicide, car elles ont tendance à intérioriser beaucoup plus leur souffrance que les garcons qui eux, vont l'exprimer en s'extériorisant, en se bagarrant par exemple.

Comment " repérer " un adolescent suicidaire ?S.A. : Un adolescent triste, qui n'a plus le goût de rien, ou qui parle de se suicider donne autant de signaux auxquels il faut être très attentif. Car, contrairement aux idées recues, il faut prendre au sérieux un adolescent qui parle de se suicider. Beaucoup de parents pensent qu'en exprimant leur envie suicidaire, l'adolescent ne passera pas à l'acte. C'est faux, et les statistiques le prouvent : dans 8 cas sur 10, la personne qui se suicide a émis des signes plus ou moins clairs auparavant. Un autre mythe circule : " il faut éviter de parler de suicide avec un adolescent afin de ne pas lui en donner l'idée ". C'est absolument faux ! Si l'adolescent parle de suicide, on doit ouvrir le dialogue pour savoir si c'est une idée abstraite ou construite. Si l'adolescent parle avec détails de la méthode qu'il va employer, les risques qu'il passe à l'acte sont grands : il faut alors absolument l'accompagner et, au besoin, le faire admettre dans un hôpital, même s'il n'est pas d'accord, pour le mettre en sécurité. Quoiqu'il en soit, le suicide, même raté, est toujours un acte très grave qu'il ne faut jamais sous-estimer ou banaliser.

Pour plus d'informations

Livres sur le sujet : http://www.preventionsuicide.be/textes/livres.htmCentre pouvant répondre à vos questions http://www.jeunes-et-depression.org/base_nl.htm

Publié par Danielle Pickman, Journaliste scientifique le 03/09/2002 - 00h00 Psychonet production
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