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Sportifs: des morts subites et mystérieuses

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 06/05/2003 - 00h00
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Les nourrissons ne sont pas la seule catégorie à risques de morts subites. Les sportifs également sont concernés.

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On parle de mort subite à chaque fois qu'un sportif succombe des conséquences directes de son activité. Parfois l'accident survient au paroxysme de l'effort. Dans d'autres circonstances, on observe un décalage entre la séance d'entraînement et le décès. Dans le syndrome de Brugada, par exemple, le cŒur s'arrête soudainement de battre alors que l'effort est terminé depuis longtemps. Cela rappelle les circonstances tragiques du décès du cycliste italien Denis Zanette au début de l'année 2003. Il s'était entraîné très durement le matin et mourut dans l'après-midi alors qu'il était calmement en visite chez son dentiste. Un tel délai complique évidemment le diagnostic de mort subite. C'est la raison pour laquelle circulent à son propos tant de chiffres contradictoires. Les experts s'accordent néanmoins à déterminer une prévalence d'environ un accident par année pour 10.000 sportifs ou encore un accident pour 4,1 millions d'heures de sport.

Comment les éviter ?

Ainsi, dans un pays comme la Belgique, on devrait recenser entre 50 et 200 morts par an. Statistiquement, ce risque n'est pas énorme. Mais évidemment chaque cas est tragique. Aussi cherche-t-on à prévenir la défaillance par divers examens en médecine sportive. L'électrocardiogramme d'effort permet par exemple de déceler certains troubles du rythme et autres affections coronariennes qui sont à l'origine de la plupart des accidents chez les sportifs âgés de plus de 35-40 ans. A cet âge-là, on conseille vivement de vérifier le bon état de la plomberie artérielle lors d'un petit check-up médical, surtout lorsqu'on envisage de reprendre une activité sportive après des années de sédentarité. Chez les plus jeunes, les accidents sont à la fois plus rares et plus difficiles à dépister. Il peut s'agir d'une malformation congénitale ou d'un problème de conduction nerveuse au sein du muscle cardiaque. Un simple examen médical ne suffit pas pour écarter tous les risques. On recourt alors à d'autres méthodes d'analyse, plus sophistiquées, à chaque fois que l'on constatera des symptômes inquiétants: évanouissements à l'effort, douleurs dans la poitrine, souffle au cŒur, troubles de l'électrocardiogramme, etc. On tiendra également compte des antécédents familiaux. Dans le cas du coureur Denis Zanette, par exemple, son père et son grand-père étaient morts avant lui de facon tout aussi inopinée. Voilà en résumé les mesures de prudence à prendre pour éviter une mort subite, sans en exagérer les risques.

Une mort qui ne veut pas venir

En guise de conclusion, nous vous proposons de méditer sur cette histoire rapportée par le physiologiste américain, Kenneth Cooper. Elle concerne un de ses patients qui, atteint d'une angine de poitrine très invalidante, se résout à mettre fin à ses jours. Mais comme il veut que sa famille encaisse le montant de l'assurance-vie, suspendue en cas de suicide, il doit maquiller sa mort en accident. Il décide alors de courir jusqu'à ce que mort s'ensuive. La première nuit, il parcourt quelques centaines de mètres avant de s'écrouler de fatigue. Malheureusement pour lui, il est toujours vivant. Le lendemain soir, il court un petit peu plus loin. Sans parvenir à mourir! Et ainsi de suite. Après quelques semaines, il se retrouve capable de courir trois kilomètres sans s'arrêter et constate que son angine de poitrine a disparu. Et entre-temps, il a repris goût à la vie!

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 06/05/2003 - 00h00 Brugada (J.) Brugada (R.) Brugada (P.) "Right branch block and ST elevation in leads V1 trough V3. A marker for sudden death in patients without demonstrable structural disease" Circulation, 97, 1998, pp 457 460.
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