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Soutenir une personne en rémission de cancer

Publié par Dr Catherine Solano, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 19/10/2004 - 00h00
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L'annonce d'un cancer est difficile à recevoir et il faut du temps pour l'accepter. Le traitement est souvent lourd et parfois agressif. Et par la suite ? On pourrait croire que le plus dur est passé. Ce n'est pourtant pas le cas. La rémission aussi est une période difficile à vivre, même quand tout semble aller pour le mieux.

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Après le choc de l'annonce de la maladie puis l'épreuve du traitement, les médecins vous disent un beau jour " ca y est ", nous vous avons soigné, vous n'avez plus besoin de nous. Et tout à coup, le tourbillon s'arrête et plus personne ne s'occupe de vous. Vous pouvez avoir l'impression que l'on vous laisse tomber, que l'on vous abandonne. Et même si c'est bon signe, le supporter demande beaucoup de force. C'est à ce moment que l'on a énormément besoin de l'entourage. Une personne qui vient d'être soignée d'un cancer se sent très fragile. À cause, bien sûr, des traitements, mais aussi de la menace de mort suspendue au-dessus de sa tête. Car personne n'est dupe : il faut plusieurs années pour que les médecins parlent de guérison. En attendant, il s'agit d'une simple rémission. Et c'est cette incertitude qui est pesante.

L'entourage aussi a besoin de beaucoup de force. La force pour oser parler des doutes, des peurs et pour ne pas laisser seule la personne en rémission. La force d'accepter une ambivalence terrible : continuer à aimer et en même temps, par moments, ressentir de l'agressivité, une envie de fuir devant la souffrance que l'autre subit et vous fait subir par ricochet. La force de l'accompagner dans son suivi médical. En effet, on va toujours à reculons à une visite de contrôle quand on a peur du résultat. Et dans ce cas, la peur n'est pas un enfantillage, elle est tout à fait naturelle.

Dire " mais non, tout ira bien ", c'est nier cette peur, et se priver d'une communication vraie. Faire comme si de rien n'était et laisser cette personne se débrouiller seule avec ses rendez-vous sans la soutenir, c'est lui faire penser que l'on n'a pas pris au sérieux sa maladie.

Alors, le plus simple, c'est peut-être la vérité : " Moi aussi, je crains toujours ces visites, moi aussi je pense à cette maladie… " Cela n'ajoutera pas d'angoisse, mais permettra de mieux parler en vérité et de rester proches…

Après le traitement, il y a tout un système de relation à reconstruire. Le malade doit peu à peu abandonner sa position de " malade " pour retrouver sa place dans le couple et dans la famille. Et pourtant, rien ne sera plus comme avant. Retrouver la santé ne signifie pas pour autant retrouver son état d'avant la maladie. Un exemple : il n'est pas facile pour une mère de famille " absente " de la maison en raison des hospitalisations ou des chimio répétées de s'imposer à nouveau auprès des enfants avec une autorité qui s'est souvent émoussée au fil de la maladie. Elle peut avoir besoin d'aide.Pour reconstruire une relation, il faut donc accepter de se donner du temps, du temps pour comprendre et échanger, car les douleurs, qu'elles soient celles d'un malade ou de l'entourage ne peuvent jamais être partagées à 100%. Il peut être très bénéfique de se faire accompagner psychologiquement par un professionnel, pour permettre à l'indicible peur de prendre corps dans les mots et de s'en libérer enfin.

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Publié par Dr Catherine Solano, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 19/10/2004 - 00h00
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