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Le silence du psy : une angoisse nécessaire ?

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 18/07/2006 - 00h00
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Lors d'une psychanalyse, lorsque vous êtes allongé sur le divan, le psychanalyste fait preuve d'un tel silence qu'il peut paraître déroutant, voire angoissant. Pourquoi un tel mutisme ? Le silence du psychanalyste est-il indispensable à la thérapie ? Qu'en est-il en psychothérapie analytique ?

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Sigmund Freud

L'utilité du silence en psychothérapie a été découverte par le célèbre Sigmund Freud, lorsqu'une de ses patientes lui aurait demandé de se taire afin qu'elle puisse pleinement s'exprimer.

La finalité du silence en psychanalyse est donc de laisser libre cours à l'expression du sujet, à ses associations d'idées, à son inconscient. C'est aussi la raison pour laquelle le patient est allongé sur un divan, depuis lequel il ne voit pas son psychanalyste. Il fait donc l'essentiel du travail, tandis que le psychothérapeute reste dans l'ombre et le silence. Ou presque, car son rôle est d'aider à progresser et à interpréter les quelques points qu'il souligne. Globalement, on considère que " moins le psychanalyste en dit, plus ce qu'il dira est important ".

Toujours est-il que ce mutisme est intrigant, parfois agacant ou angoissant. Mais il faut savoir que la psychanalyse est une pratique particulière qui s'adresse généralement à des personnes bien informées, qui savent notamment qu'elles vont se retrouver seules face à elles-mêmes.

Pour les autres, la psychothérapie analytique peut représenter une solution alternative ou une préparation à la psychanalyse. En effet, elle se déroule en face à face et le patient est davantage guidé par les interprétations du psychanalyste. Soutenu par le regard et la parole, le patient s'exprime plus facilement. Le travail est aussi moins poussé et les séances moins fréquentes et plus courtes. Cette pratique est très efficace pour libérer les conflits psychiques conscients.

Quelle est la place du silence en psychothérapie analytique ?

Les pratiques ont évolué et le silence adopté d'emblée par le psychothérapeute face à son patient n'est pas toujours bénéfique et n'a pas forcément lieu d'être. Inversement, un comportement initialement interventionniste permet de rassurer le patient, lequel se livrera alors plus facilement et supportera mieux le silence qui devra être utilisé progressivement. En effet, si le silence n'a pas le même impact qu'en psychanalyse, il reste ici aussi indispensable. Il permet au patient de se retrouver face à son inconscient et d'induire une certaine frustration dans le but de faire émerger des aspects inconscients refoulés.

En conclusion, il est important de connaître l'intérêt thérapeutique du silence. Le psychothérapeute doit l'expliquer à ses patients et, à défaut, les patients doivent en parler. Globalement, il est préférable d'instaurer le silence de facon progressive afin de ne pas ajouter d'angoisse et de souffrances.

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 18/07/2006 - 00h00 Communiqué de presse ASP, psychologues associés, 27 juin 2006.
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