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Sevrage tabagique : attention à la dépression

Publié par Dr Agnès Lara Adaptation Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 03/02/2002 - 00h00
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Les fumeurs ayant un ou plusieurs antécédents de dépression et qui entament un processus de sevrage tabagique sont connus pour avoir une probabilité de succès inférieure à celle de fumeurs n'ayant jamais souffert de dépression. Mais ont-ils aussi un risque accru de rechute dépressive à la suite d'un sevrage tabagique réussi ?

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Les auteurs de cette étude se sont évertués à démontrer si un tel risque existait et si oui, pour combien de temps. Pour cela, 100 patients avec au moins un antécédent de dépression sévère et consommateurs de plus de 20 cigarettes par jour, ont été enrôlés dans cet essai de sevrage tabagique d'une durée de deux mois ; les critères d'inclusion imposaient qu'aucun traitement antidépresseur n'ait été prescrit dans les 6 mois précédents. 76 participants sont parvenus au terme de l'étude : 42 étaient devenus abstinents. Tous ont été revus trois et six mois plus tard. Le statut d'abstinent tabagique était confirmé par une mesure de la nicotine dans un prélèvement sanguin. Treize abstinents et deux fumeurs eurent une rechute dépressive sévère durant la période de suivi. Le résultat est donc fort significatif, confirmant l'impression de nombreux praticiens que le sevrage tabagique est un facteur de risque de rechute chez les patients ayant des antécédents dépressifs. Ce risque important de rechute perdure au moins 6 mois après le sevrage.

Un antécédent dépressif ne doit pas dissuader d'engager un processus de sevrage tabagique

La conclusion de cette étude est pragmatique. La priorité chez un patient dépressif est de le soulager de sa souffrance morale. S'il est fumeur, la phase aiguë et les mois suivants un épisode dépressif ne sont pas une période favorable pour engager un processus de sevrage tabagique. En revanche, à distance de cet épisode dépressif, à condition bien entendu que le patient fumeur soit motivé, un essai de sevrage doit pouvoir être proposé, le praticien devant être particulièrement vigilant quant à la survenue de signes cliniques annonciateurs d'une baisse de l'humeur.

Publié par Dr Agnès Lara Adaptation Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 03/02/2002 - 00h00 Glassmann A.H., Lancet, 2001, 357 : 1900-01. Tabac Actualité, n°21, Décembre 2001
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