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La série de l'Eté : voyage en avion et risque de transmission de la malaria !

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 09/07/2002 - 00h00
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Voyager en avion revient à passer plusieurs heures dans un endroit clos et confiné dans lequel l'air peut poser des problèmes.

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De manière pratiquement inévitable, les insectes entrent et sortent de l'avion au moment de leur entretien au sol. Or, les moustiques sont des vecteurs de maladies graves et ils sont aussi des grands voyageurs. La première observation de vecteurs à bord d'un aéronef a été faite au Kenya en 1932. En Afrique, 2 à 3 % en moyenne des moustiques, vecteurs de la malaria (paludisme), sont porteurs de la forme mortelle de la maladie. Les moustiques peuvent transmettre des maladies durant le voyage ainsi qu'à destination, à condition que les conditions climatiques leur permettent de survivre. En Europe, entre 1977 et 1998, on a recensé 78 cas de paludisme d'aéroport (la transmission survient à l'aéroport ou à proximité de celui-ci) dont le taux de létalité était supérieur à 5 %. Sept cas de paludisme contracté en avion ont été dénombrés durant la même période (la transmission survient à bord de l'appareil).

Eliminer les moustiques

L'élimination des insectes se trouvant dans l'avion réduit le risque de ces deux formes de paludisme. Cette élimination est essentielle pour les vols en provenance d'aéroports situés dans des régions où le paludisme est fréquent, les vols faisant escale dans ces endroits et les vols en provenance de régions à risque. Les méthodes recommandées par l'Organisation Mondiale de la Santé pour l'élimination des insectes dans les avions (p. ex., pulvérisation d'aérosols ou traitement résiduel tous les 2 mois) sont considérées comme sûres et efficaces lorsqu'elles sont appliquées correctement. Ceci signifie aussi qu'il n'est pas inutile de débuter la prévention antimoustique dès le départ et de la poursuivre jusqu'au retour.

Mesurer les risques

Ceci pose aussi des problèmes de qualité de l'air. Ainsi la pulvérisation n'est pas toujours bien acceptée par certains passagers ou même par des membres d'équipage. Certains ont exprimé des inquiétudes au sujet des dangers présentés par les insecticides utilisés. Il est vrai que ceux-ci peuvent être toxiques à hautes doses et à long terme. Il n'y a donc généralement pas de soucis pour les voyageurs, sauf peut-être pour certains enfants. Ceci dit, le risque lié à l'usage des insecticides doit être mis en balance avec celui lié à la transmission de la malaria. De toute manière, justifiées ou non, ces inquiétudes devraient être levées par une bonne communication entre les compagnies, les autorités sanitaires et les personnes transportées.

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 09/07/2002 - 00h00 Organisation Mondiale de la Santé, Le guide du Voyageur, Medasso ed 2002-2003
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