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Le secret des Kalenjin

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 15/03/2005 - 00h00
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La suprématie des coureurs Kenyans dans les épreuves de grand fond a prêté à de très nombreuses hypothèses… Mais quelle est la bonne?

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Depuis plusieurs dizaines d'années, les coureurs d'Afrique orientale raflent pratiquement tous les honneurs dans les compétitions de fond. Beaucoup de scientifiques ont tenté d'expliquer ce phénomène d'autant plus surprenant que ces champions proviennent pour la plupart d'aires géographiques relativement restreintes, même à l'échelle de leur pays. Au Kenya, par exemple, les meilleurs coureurs appartiennent tous à la tribu des Kalenjin dans la fameuse vallée du Rift. Cette population de trois millions d'habitants (10% de la population du Kenya) produit 40% de l'élite mondiale de course à pied.

Une question d'altitude?

Pourquoi les Kalenjin sont-ils si forts? La question passionne Bengt Saltin, chercheur au centre de recherche sur le muscle à Copenhague. Depuis plus de 15 ans, il analyse les différentes hypothèses… et les réfute les unes après les autres! Non, l'altitude ne jouerait pas ce rôle prépondérant qu'on lui accorde classiquement, dans la mesure où aucune différence de consommation maximale d'oxygène (VO2 max) ne peut être relevée entre ces champions d'origine africaine et les Européens.

La diététique ne semble pas non plus constituer une bonne piste, sinon pour souligner que le régime de ces coureurs se révèle très faible en acides aminés et en vitamines, ce qui a priori constitue plutôt un désavantage. L'hypothèse des gamins habitués à courir plusieurs dizaines de kilomètres dès leur plus jeune âge a également été éliminée: selon une étude, les enfants danois ne sont pas moins actifs que leurs pairs kenyans. Enfin, il paraît très difficile de penser que le secret réside dans des méthodes de coaching qui n'auraient encore jamais été appliquées ailleurs.

Le poids des mollets

Selon un article publié l'été passé dans Science, la clé du mystère résiderait dans une meilleure rentabilité de l'effort qui, selon Saltin, s'expliquerait par une répartition plus avantageuse du poids corporel. Son équipe a en effet trouvé que les mollets des Kenyans étaient en moyenne 400 grammes plus légers que ceux d'athlètes danois pris en référence. Or, on sait qu'un surpoids de 50 grammes au niveau des chevilles se traduit par une élévation de la consommation d'oxygène de 1%. Ces 400 grammes feraient donc une différence de 8%, soit plusieurs minutes de gagnées ou perdues à l'arrivée d'un marathon!

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Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 15/03/2005 - 00h00
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