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Quid des hibernatus embryonnaires surnuméraires ?

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 23/09/2003 - 00h00
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Que deviennent les embryons surnuméraires obtenus par PMA ? C'est la récente problématique des cellules souches embryonnaires qui a remis ce sujet éthiquement " brûlant " à l'ordre du jour.

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La Society for Assisted Reproductive Technology (SART) américaine a mené une enquête auprès des 430 centres de procréation médicale assistée (PMA) que comptent les Etats-Unis afin de connaître les chiffres exacts de leur réserve d'embryons et l'affectation de ceux-ci. 340 centres sur 430 (soit 80%) ont répondu à cette enquête. La moyenne des ponctions d'ovules s'y chiffre à 151 par an (entre 3.202 et 8). Les enquêteurs ont compté 396.526 embryons congelés, ce qui équivaut à une moyenne d'un peu moins de 1.000 par centre de PMA. Ce nombre élevé est - bien entendu - à relativiser en fonction du nombre d'habitants au pays de l'Oncle Sam (280,5 millions en 2002). 338 centres sur 340 font remplir à leurs " clients " un document précisant l'affectation des embryons. Ce qui nous apprend que 88,2% des embryons congelés attendent leur implantation dans l'utérus maternel. Nous voilà rassurés puisque c'est là - somme toute - la tâche des centres de PMA. A noter qu'il s'agit là d'intentions que les aléas de la vie se chargeront peut-être de chambouler : grossesse multiple, dégradation de l'état de santé, divorce, décès. Reste donc en théorie un peu plus de 10% d'embryons qui ne sont pas destinés à voir le jour auprès de leurs géniteurs.

  • En premier lieu, +/- 25% de ces embryons non replacés chez le couple géniteur vont être utilisés par la recherche qui, rappelons-le, aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, doit recevoir l'aval d'une autorité éthique.
  • Deuxièmement, +/- 20% d'entre eux sont donnés à un autre couple.
  • Troisièmement, +/- 20% de ces embryons sont détruits à la demande de leurs géniteurs.
  • Quatrième alternative, +/- 2% d'entre eux sont utilisés pour la validation des techniques de PMA.
ont pas destinés à voir le jour auprès de leurs géniteurs.

Les cellules souches embryonnaires

11.283 embryons humains vont donc être affectés à la recherche. Un chiffre qu'il faut relativiser puisqu'une partie d'entre eux ne va pas survivre à l'épreuve de la congélation et qu'ensuite les chercheurs choisiront les " meilleurs " pour leurs travaux. De plus, en ce qui concerne la problématique des cellules souches embryonnaires, il faut que les embryons décongelés arrivent au stade de blastocystes pour pouvoir être utilisés dans ce cadre. Ils ne seront que 25% à y parvenir. Isoler le bouton embryonnaire accessible à ce stade n'est pas non plus une manipulation aisée. Si bien que sur 11.283 embryons destinés à la recherche, seules 275 lignées cellulaires embryonnaires seront produites, soit un taux de succès final de moins de 2,5%. Les cellules souches embryonnaires sont des cellules qui ne sont pas encore différenciées, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas encore pris une forme et une fonction particulières. Selon l'environnement dans lequel elles sont injectées, elles vont se spécialiser en cellules cardiaques, hépatiques, nerveuses, etc. Des expériences animales permettent de penser qu'elles pourraient constituer un traitement contre la maladie de Parkinson.

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 23/09/2003 - 00h00 Le Généraliste, n° 653, 23 juillet 2003.
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