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La prière : un facteur de stress pour les patients en attente d'une opération

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 13/06/2006 - 00h00
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Une étude très sérieuse a examiné les effets de la prière sur des patients en attente d'un pontage coronarien. Les voies du Seigneur seraient-elles impénétrables ? Il semble bien en effet que le fait de savoir que des gens prient pour son bon rétablissement soit une source de complications de l'état du malade.

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Cette étude a rassemblé 1.800 patients hospitalisés dans 6 centres hospitaliers différents en attente d'un pontage coronarien. Ils ont été répartis en 3 groupes. Le Groupe 1 réunissait des patients pour lesquels on a prié mais auxquels on a dit qu'on prierait peut-être pour eux. Le Groupe 2 comprenait des patients pour lesquels on n'a pas prié mais auxquels on a dit qu'on le ferait peut-être. Enfin, le Groupe 3 rassemblait des patients auxquels on a dit qu'on prierait pour eux et pour lesquels on a effectivement prié. Ni la famille, ni le personnel médical ne savaient dans quel groupe se trouvaient les patients et les patients eux-mêmes devaient garder le secret. Ce sont trois congrégations chrétiennes (deux catholiques et une protestante) qui ont été chargées de prier pour les patients de l'étude. Elles devaient débuter leurs prières à minuit la veille de l'opération et les poursuivre jusqu'au 14e jour après l'opération. La formulation de la prière était identique pour tous les patients: "Pour une opération réussie et une guérison rapide sans complications".

Davantage de complications liées au stress

A l'issue de la période de prière, les chercheurs ont observés les résultats suivants: 52% des patients du Groupe 1 et 51% de ceux du Groupe 2 avaient développé au moins une complication, un pourcentage atteignant 59% dans le Groupe 3 où ils ont constaté un taux accru de fibrillation auriculaire (arythmie). La fibrillation auriculaire est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquemment rencontré après un pontage coronarien. Les scientifiques avancent l'hypothèse que l'anxiété ressentie par le patient déclenche l'activation des hormones de stress, comme l'épinéphrine, qui pourrait provoquer une fibrillation auriculaire. Ils sont d'avis que l'augmentation de la fréquence de ce trouble dans le Groupe 3 est probablement bien réelle plutôt que due au hasard. Ce constat amène à se poser la question de savoir si dans de nombreux cas le corps médical et l'entourage n'effraient pas le patient plus qu'il n'est nécessaire. Il est possible que le fait de savoir que l'on priait pour eux a induit une forme d'anxiété chez ces patients et les a fait douter de leurs chances de survie. " Suis-je à ce point malade que l'on doive prier pour moi? " A noter que les complications majeures et le taux de mortalité étaient similaires dans les 3 groupes.

Par contre, d'autres études ont montré les bénéfices de la prière effectuée par le patient pour lui-même, lui permettant de se relaxer et de se déstresser avant une intervention.

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 13/06/2006 - 00h00 Benson H., American Heart Journal, April 2006; vol 151: pp 934-942.
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