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Les pommades trompeuses

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 21/09/2004 - 00h00
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De nombreux sportifs utilisent des anti-inflammatoires locaux sous forme de pommade contre les douleurs articulaires. Attention à cette habitude!

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Les AINS et les autres

En pharmacie, on trouve toutes sortes de pommades contre les douleurs que le sportif peut rencontrer en cours de carrière: entorses, contusions musculo-tendineuses, crampes, tendinopathies et douleurs post-traumatiques. Le plus souvent, il s'agit d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, surnommés AINS, par opposition aux produits anti-inflammatoires stéroïdiens à base de cortisone. En France et en Belgique, les AINS représentent des ventes de l'ordre de deux millions de tubes par mois! Quelques grandes marques se disputent le marché à grands renforts d'articles scientifiques. Comme pour toute démarche publicitaire, il faut le prendre avec un maximum de scepticisme. Beaucoup de praticiens émettent d'ailleurs les plus grandes réserves face à ce réflexe thérapeutique. Pour eux, la douleur doit être considérée comme un signal d'alarme envoyé par l'organisme. On ne gagne rien à l'ignorer par des moyens artificiels. De ce point de vue, l'application d'un gel anti-inflammatoire s'apparente à désactiver la petite lampe témoin qui annonce un problème imminent de moteur ou une panne d'essence pour le conducteur d'un véhicule. Certes, cela permet à l'athlète de poursuivre ses efforts. Mais à quel prix? Car, évidemment, lorsqu'un muscle, un tendon ou un ligament blessé subit de nouvelles contraintes, le mal empire. Voilà pourquoi ces pommades anti-inflammatoires n'aident pas la guérison et détournent même de la seule mesure susceptible de la produire, c'est-à-dire la mise au repos.

Le drame du corps muet

Evidemment, cette solution n'est pas toujours simple à faire admettre aux athlètes qui ont des contrats à honorer, un calendrier à respecter, des compétitions, des primes, etc. On comprend que l'appel de la pommade soit plus puissant. Mais le problème posé par ce recours systématique, c'est qu'il induit une fausse sensation de sécurité. Les sportifs adoptent alors des comportements à risques comme de poursuivre l'entraînement en s'accommodant plus ou moins de la douleur. Puis le jour arrive où le muscle ou l'articulation cède avec fracas. On doit d'ailleurs s'interroger sur l'origine de ces défaillances spectaculaires que l'on observe de plus en plus souvent dans le sport. Elles donnent parfois l'impression que les athlètes sont foudroyés en plein effort. Beaucoup de spécialistes sont tentés de faire le lien entre la fréquence de ces accidents et l'abus de ces substances anti-inflammatoires qui gomment les signes prémonitoires de rupture. Utilisés comme seule thérapeutique, ces gels et pommades anti-inflammatoires sont dangereux et contribuent dans bien des cas à pérenniser le problème.

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Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 21/09/2004 - 00h00
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