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Poisson et grossesse : bon, malgré la pollution

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le 31/07/2007 - 00h00
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En 2004, les autorités sanitaires américaines attiraient l'attention sur le risque pour bébé d'une consommation importante de poisson et fruits de mer chez la femme enceinte. Ce risque est aujourd'hui relativisé…

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L'intérêt du poisson et des produits de la mer pour bébé est lié à leur apport en précieux acides gras oméga-3, et en particulier en DHA. Celui-ci, abondant dans la chair des poissons gras (maquereau, saumon, hareng, thon, sardine…) est important pour le développement neurologique et cognitif optimal du fŒtus.

Malgré ces notes positives, les autorités sanitaires aux USA ont recommandé en 2004 de limiter les apports en poissons et fruits de mer chez les femmes enceintes à 340 g par semaine. Objectif : réduire le risque d'exposition foetale à certains contaminants neurotoxiques (comme le méthylmercure), présents dans les mers et les océans en raison de la pollution environnementale.

Les poissons et fruits de mer ont donc deux effets potentiellement opposés sur le développement neurologique du foetus. Mais de nouvelles données contredisent cette position ambiguë.

Et les poissons de Grande-Bretagne ?

Des chercheurs britanniques ont évalué récemment l'influence de la consommation maternelle de poissons et fruits de mer sur le développement fŒtal. Cette étude portait sur 11875 femmes enceintes et leur enfant jusqu'à l'âge de 8 ans.

L'enquête alimentaire fut effectuée à 32 semaines de grossesse et les mères remplirent également un questionnaire sur le développement et le comportement de leur enfant à 6, 18, 30, 42 et 81 mois. Enfin, le quotient intellectuel des enfants fut évalué à l'âge de 8 ans.

La consommation maternelle de poissons et fruits de mer était en moyenne de 235 g par semaine. Douze pour cent des femmes ne consommaient pas de poisson, 65 % en consommaient moins de 340 g/semaine et 23 % plus de 340 g/semaine.

Les normes américaines injustifiées

Après ajustement des résultats, les auteurs de cette étude ont constaté un risque plus important de développement neurologique et cognitif insuffisant chez les enfants de mères ayant une consommation maternelle de poisson inférieure à 340 g/semaine par rapport aux enfants de mères ayant consommé plus de 340 g/semaine de poisson.

Cette étude ne retrouve donc pas d'effet délétère d'une consommation maternelle de poisson supérieure à 340 g/semaine pendant la grossesse. Bien au contraire, une consommation supérieure à 340 g/semaine se révèle bénéfique pour le développement cérébral des enfants.

Publié par Nicolas Rousseau, diététicien nutritionniste le 31/07/2007 - 00h00 Source : Hibbeln J.R. et al. Lancet 2007 ; 369 : 578 - 85
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