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Plongée : les dangers de l'hyperventilation

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 06/06/2014 - 14h16
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L'hyperventilation est une méthode très souvent utilisée par les plongeurs en apnée avant le grand saut.

Il convient cependant de souligner les dangers de cette pratique.

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Hyperventilation : utile pour les plongeurs

Les cinéphiles se souviendront probablement de cette scène du Grand Bleu qui montrait un Japonais bien décidé à battre le record de plongée du grand Jacques Mayol et de son ami et rival Enzo Maiorca, et qui se livrait pour cela à une séance intensive d'hyperventilation. Entouré de son équipe de scientifiques, on le voyait inspirant et expirant de façon très bruyante. Pour un résultat somme toute assez décevant puisque, dans le film, il s'évanouissait avant même de plonger la tête dans l'eau !

Tournée en dérision par Luc Besson, la technique de l'hyperventilation est pourtant bien connue des apnéistes et permet d'augmenter efficacement les durées d'immersion. En forçant sa respiration pendant plusieurs dizaines de secondes, voire plusieurs minutes, on rejette effectivement un maximum de gaz carbonique (CO2) et on entame ainsi sa plongée avec des valeurs sanguines anormalement basses. Or, la quantité de gaz carbonique dans le sang joue un rôle essentiel dans le déclenchement du réflexe respiratoire.

Comment fonctionne le réflexe respiratoire ?

Il faut comprendre que, lors de la plongée, la teneur sanguine en oxygène s'épuise pour répondre aux besoins du corps. La concentration en gaz carbonique augmente conjointement, jusqu'à atteindre un palier qui déclenche automatiquement l'envie de respirer : le diaphragme se contracte de facon de plus en plus désagréable et l'on se précipite alors à la surface pour prendre une bonne goulée d'air.

Heureusement ! Car si l'on prolonge l'apnée au-delà des limites raisonnables, la diminution progressive de l'oxygène aboutit inévitablement à une perte de connaissance avec des conséquences parfois gravissimes. Heureusement, la nature est bien faite, et le réflexe respiratoire précède généralement la syncope.

Mais l'hyperventilation peut inverser l'ordre des choses.
Des teneurs sanguines en gaz carbonique ridiculement faibles au début de la plongée retardent le déclenchement du réflexe respiratoire jusqu'à atteindre et puis dépasser le seuil hypoxique, synonyme d'évanouissement. La syncope précède alors le réflexe respiratoire.

Cette situation est évidemment catastrophique : Le plongeur dans les pommes n'a plus le réflexe de remonter à la surface et risque de se noyer. A prohiber, donc, si l'on n'est pas entouré par des professionnels.

Initialement publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 01/02/2005 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 06/06/2014 - 14h16
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