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Piqûre de rappel pour les vaccins

Article créé le 02/04/2013 - 15h32 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 02/04/2013 - 15h32
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Un couple vient de se voir condamné pour ne pas avoir fait vacciner son enfant contre la poliomyélite.

Entre liberté des patients et protection de la santé publique, un choix est à faire...

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Le vaccin contre la polio, obligatoire sans exceptions

Depuis 2002, tous les patients ont le droit de refuser un traitement médical s'il le souhaite ou s'il estime ne pas avoir été informé correctement à son sujet.

Un jugement récent relativise ce droit quand il s'oppose à la protection de la santé publique par les vaccins.

Il s'agit d'une affaire montoise. Deux parents qui n'avaient pas vacciné leur enfant contre la poliomyélite avaient été acquittés en 2011. Leur avocat avait évoqué la liberté du patient de refuser ce vaccin – les parents estiment qu'il comporte des risques d'effet secondaire grave, et doutent même de son efficacité.

Le Soir annonce samedi que ces mêmes parents sont condamnés en appel.

Pour le tribunal, la liberté des parents de choisir doit en l'occurrence être jugée moins importante que la protection de la santé des Belges en général.

 

Les vaccins, protection personnelle ou protection de la population en général?

Les vaccins sont aujourd'hui au coeur de beaucoup de polémiques. Il faut dire qu'ils sont un sujet sensible...

En effet, du point de vue de la médecine, un vaccin c'est un peu un rêve: un traitement qui permet de soigner les maladies avant qu'elles n'arrivent! Qui pourrait souhaiter mieux?

Le problème, c'est que du coup justement, le vaccin est un traitement administré alors que l'on n'est pas certain de développer la maladie. Or il n'est pas sans effets secondaires – comme tous les traitements qui existent. Il faut donc accepter les effets secondaires en échange de la protection contre une maladie qui ne se déclarerait peut-être pas en réalité.

Mais si l'on cherche à vacciner toute la population c'est parce que le vaccin ne protège pas seulement la personne vaccinée. Il protège aussi toute la société dans laquelle cette personne vit...

En effet, une personne vaccinée contre la coqueluche – par exemple – ne peut pas attraper la maladie, ni la transmettre.
Si on réussit à vacciner une grande proportion de la population, la coqueluche cesse donc de circuler dans la société. Et tout le monde est protégé, y compris ceux qui ne seraient pas vaccinés, comme les bébés en très bas âge.

L'exemple de la coqueluche n'est pas choisi par hasard: celle-ci fait encore des victimes dans nos pays parmi les bébés qui ne sont pas en âge d'avoir été vaccinés. A l'échelle de la société, donc, le choix n'est pas entre le risque d'effets secondaires d'un vaccin et une maladie hypothétique. Il est entre le risque très faible qui s'attache au vaccin, et le risque bien plus élevé lié à la maladie elle-même.

Les parents se sont pourvus en cassation, donc l'affaire peut encore connaître un rebondissement. Mais en attendant, le juge nous rappelle que si les droits des patients doivent être protégés, ils ne sont pas absolus...

 

Billet initialement publié le 02/04/2013 - 15h32 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 02/04/2013 - 15h32
Ce billet fait partie du blog : Le blog de la Rédaction
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