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Permis de sport

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 09/05/2006 - 00h00
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En Belgique, l'accès aux compétitions officielles se trouve normalement conditionné par la présentation d'un certificat médical de non-contre-indication. Que vaut ce bout de papier?

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Chaque année, on recense en Belgique entre 50 et 500 décès brutaux, sans traumatisme apparent, par défaillance lors d'une activité sportive. C'est trop. On espère arriver à mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à ce type d'accident (mort subite) et à identifier les sujets à risque afin de prendre des mesures de prévention. Voilà qui justifie l'instauration d'un "certificat de non contre-indication à la pratique sportive". Mais si tout le monde s'accorde sur le bien-fondé de la démarche, la nature de cet examen reste à la seule appréciation du médecin. Certains se contentent alors de relever la pression artérielle et de poser trois ou quatre questions pour signer le papier. Avec un examen aussi succinct, on voit mal comment la consultation pourrait jouer son rôle de filtre pour diminuer l'incidence des accidents et des décès.

Arsenal de prévention

En se basant sur les recommandations émises par les sociétés savantes, on dispose pourtant d'une série d'examens diagnostiques qui permettent d'évaluer les risques individuels à la pratique sportive. Parmi eux, l'électrocardiogramme (ECG): cet examen enregistre l'activité électrique du cŒur. Cela permet un premier dépistage et l'évaluation pronostique de plusieurs anomalies, dont l'hypertrophie ventriculaire gauche (HVG) souvent impliquée dans la mort subite du jeune sportif. La grande difficulté consiste dès lors à distinguer ce qui est pathologique de ce qui ressort simplement d'une bonne adaptation à l'effort. N'oublions pas que le cŒur est un muscle. Il est donc normal que la répétition des efforts produise un épaississement des parois. Or, l'ECG ne permet pas de faire cette distinction. En cas de doute, il faut recourir à des examens complémentaires comme l'échographie cardiaque. Problème: le coût de ces examens se chiffre tout de même à une trentaine d'euros par personne.

Les gestes qui sauvent

Une autre facon de réduire la mortalité sur les terrains de sport serait de mieux diffuser les recommandations de secours. Cela passe notamment par un enseignement systématique des techniques du massage cardiaque, geste qui consiste à comprimer fermement la cage thoracique en cas de défaillance cardiaque de facon à permettre malgré tout au sang de circuler dans l'organisme. Une utilisation rapide et à bon escient du défibrillateur permettrait aussi de sauver des vies. Bref, il s'agit de mieux éduquer les sportifs et l'encadrement à gérer leur santé et celle des autres. Cela concerne autant le pratiquant dilettante qui chausse ses baskets une fois par semaine que l'athlète de haut niveau persuadé d'être à l'abri de tout pépin.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 09/05/2006 - 00h00
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