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Le paradoxe perpétuel autour des pilules de 3è génération

Publié par Isabelle Eustache : Adaptation : Dr Philippe Burton le 26/11/2001 - 00h00
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Depuis plus de cinq ans, les pilules de 3ème génération sont le sujet d'une polémique enflammée. La communauté scientifique reconnaît qu'elles entraînent un risque accru de phlébite et pourtant, les médecins continuent à les prescrire massivement. Pourquoi ?

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Selon un rapport du comité européen des spécialités pharmaceutiques daté du 1er octobre 2001, les femmes sous pilule de 3è génération ont 10 à 20 fois plus d'accidents thromboemboliques veineux pour 100.000 femmes par an, par rapport à celles qui emploient une pilule de 2è génération. Par ailleurs, c'est au cours de la première année d'utilisation que ce risque serait le plus important.

L'OMS en cause

En 1995, l'Organisation Mondiale de la Santé a rendu publique les conclusions de trois études démontrant un risque accru de thrombophlébite veineuse et d'embolie pulmonaire. Ce risque est multiplié de 1,5 à 2 par rapport aux pilules de 2è génération. Mais comme le risque de thrombophlébite et d'embolie est faible, le fait de le multiplier par deux ne l'augmente finalement que relativement peu.Depuis, un bras de fer est engagé entre scientifiques et certains industriels qui tentent de minimiser ce risque.

Mais les conclusions des experts indépendants sont nettes, le risque de thrombose veineuse est multiplié par trois chez les nouvelles utilisatrices de pilule de 3è génération et par deux pour les utilisatrices régulières, par rapport à celles qui prennent des 2è génération.

Faut-il encore prescrire à grande échelle ces pilules ?

Il est clair que les femmes candidates à la pilule de 3è génération doivent être prévenues à chaque prescription de ce risque accru de thrombose veineuse. Par ailleurs, il n'est pas justifié de prescrire ces pilules de 3è génération en première intention. En effet, il est préférable de commencer par une pilule de 2è génération et de ne passer à la 3è que si celle-ci est mal tolérée. En effet, il semblerait que dans la pratique quotidienne certaines femmes supportent mieux les 3ème génération.Cette polémique devrait inciter les chercheurs à mettre au point de nouveaux contraceptifs oraux bien tolérés et qui ne soient pas thrombogènes. Dans tous les cas, face aux énormes enjeux marketing industriel, les organismes publics devraient adopter une attitude plus responsable afin de rassurer et de maîtriser les risques.

Enfin, si les pilules de 3è génération représentent un progrès pour certaines femmes, il est nécessaire d'en définir précisément la prescription et de la rembourser.
Publié par Dr Philippe Burton le 26/11/2001 - 00h00 Le Figaro, 9 novembre 2001.
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