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Une nouvelle arme contre le reflux gastro-oesophagien !

Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 19/11/2002 - 00h00
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La sensation de brûlant (pyrosis) correspond à la remontée du contenu acide de l'estomac dans l'œsophage. Soumis à de fréquentes attaques d'acide gastrique, il peut s'éroder ou même devenir le siège d'un cancer.

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Pour éviter cela, deux méthodes étaient reconnues comme efficaces aujourd'hui. La première consiste en une prise régulière d'un médicament réduisant la production d'acide par l'estomac : ce sont les inhibiteurs de la pompe à protons, mieux connus sous le nom d'IPP. L'autre méthode est chirurgicale et peut se dérouler sous plusieurs modalités. Cependant, les traitements par IPP couvrent largement l'ensemble des patients puisque 96% d'entre eux y recourent. Ceci se justifie surtout par le fait qu'à long terme, le traitement par médicament coûte finalement moins cher que la chirurgie. En effet, certains patients étant passés en salle d'opération doivent à terme prendre des médicaments. Or, certaines personnes ne peuvent pas bénéficier de la chirurgie et d'autres ne peuvent pas être traitées efficacement par voie médicamenteuse.

Enfin du neuf

Heureusement depuis peu, une troisième voie de traitement s'est ouverte. Elle a été présentée il y a quelques jours à l'hôpital Erasme (Bruxelles) par le Pr Jacques Devière. Il s'agit d'une implantation d'une sorte de résine souple biocompatible qu'on appelle " Ethylene-vinyl alcohol ", Enteryx® pour faire simple ! Ce biocomposé est testé depuis longtemps. L'hôpital Erasme a d'ailleurs été l'un des premiers en Europe.Si le principe de traitement est simple, sa mise en œuvre demande du doigté. L'intervention se déroule en quelques minutes sous contrôle endoscopique. Le spécialiste injecte le produit dans l'anneau formé par la jonction entre l'œsophage et l'estomac. La particularité de l'Entéryx® est de durcir au contact de l'eau. En d'autres termes, dès qu'il est dans la seringue, le biopolymère commence déjà à se former. A la fin de l'injection, le polymère forme une sorte de manchon qui vient renforcer le muscle qui ferme naturellement l'orifice entre l'œsophage et l'estomac lorsqu'on absorbe pas d'aliments.

Encore attendre

Pour le patient tout d'abord, le bénéfice est patent. Lors d'une étude–pilote en 1999-2000, 15 patients belges ont franchi le pas et 80% d'entre eux ont pu diminuer ou arrêter la prise de médicaments. A l'échelle internationale, ce sont quelque 180 patients qui ont été traités de la sorte. Un an après, environ 70% avaient arrêté de prendre des IPP et 10% avaient réduit les doses de moitié. Leur qualité de vie étaient par ailleurs la même. Par ailleurs, on connaît peu de complications même après 3 ans de suivi.Cependant il ne faudrait pas crier victoire trop vite. D'abord, il faut attendre que d'autres études viennent confirmer ces résultats encourageants. Ensuite, puisque les IPP représentent tout de même un bon paquet d'euros dans le budget de la sécurité sociale, il faudra encore évaluer l'impact que ce nouveau traitement aura.

Enfin, restera encore à convaincre et à former d'autres médecins qui pourront perpétuer (et améliorer ?) les gestes de leurs maîtres.
Publié par Pierre Dewaele, journaliste médical et scientifique le 19/11/2002 - 00h00 Conférence de presse de J Devière ULB Erasme 29/10/2002
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