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Au nom de la rose...

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 22/02/2005 - 00h00
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Tout le monde aime le parfum des roses et tout le monde déteste l'odeur des excréments. C'est faux! A l'exception des odeurs irritantes, ce sont les expériences personnelles et culturelles qui nous les font apprécier ou rejeter.

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A la naissance, notre sens de l'odorat est "vierge" et c'est l'expérience qui nous fait aimer ou détester certains parfums ou certaines odeurs.

Frustration

Au cours d'un premier test, on a demandé à 30 femmes de jouer sur un ordinateur dans un local où était diffusé un parfum artificiel légèrement désagréable, cocktail d'odeur de poussière, de pluie et de pop-corn chaud au beurre. Les femmes qui ont apprécié le jeu informatique ont également apprécié l'odeur, et celles à qui le jeu n'a pas plu n'ont pas aimé le parfum diffusé.Dans le cadre du second test, 36 hommes et femmes ont évalué au préalable deux nouvelles odeurs, l'une légèrement florale et l'autre relativement neutre, ainsi que celle de la rose, de la vanille, du citron et de la menthe. Ils ont tous qualifiés les deux nouveaux parfums d'inhabituels et plaisants. Ils ont ensuite été répartis en trois groupes. Le premier a été installé dans un local pour jouer à un jeu de cartes informatique frustrant et truffé d'effets sonores dérangeants, et le second dans une pièce confortable pour lire des magazines. Chacun de ces deux groupes a été exposé aux deux odeurs, tandis qu'un troisième groupe jouait au jeu de cartes informatique dans une pièce sans odeur. Toutes les personnes de l'échantillon ont participé aux trois groupes. A l'issue de chaque séance, ils ont réévalué les six odeurs. Un constat: après le jeu informatique frustrant, la majorité des participants ont qualifié les deux nouvelles odeurs de désagréables.

Bagage culturel

Quand une odeur est associée à une émotion, la perception de cette odeur est modifiée pour correspondre à cette association. Des études culturelles viennent soutenir ces conclusions. Par exemple, les Américains aiment généralement l'odeur du wintergreen, un ingrédient communément utilisé dans les bonbons et les chewing-gums; par contre, les Anglais la détestent, car elle est utilisée chez eux dans les médicaments.Il existe toutefois quelques exceptions à cette règle. Les odeurs irritantes, comme celle de l'ammoniaque, sont généralement immédiatement détestées dès la première fois qu'on les sent. De même, des différences génétiques individuelles peuvent aussi jouer un rôle dans la réponse émotionnelle aux odeurs.

Publié par C. De Kock, journaliste santé le 22/02/2005 - 00h00 Herz R., "International Journal of Comparative Psychology", December 2004.
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