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Marathon : boire avec modération

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 03/05/2005 - 00h00
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Au cours des vingt dernières années, la popularité du marathon s'est grandement accrue. Mais avec ses 42 km, cette course est très éprouvante. Traditionnellement, on recommande aux athlètes de tous niveaux de boire abondamment durant la course afin de prévenir les accidents dus à la chaleur. Il semblerait que ce soit une erreur. En effet, l'excès d'apport hydrique favoriserait le risque d'hyponatrémie, laquelle peut se révéler fatale…

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Une hyponatrémie désigne une diminution du taux de sodium dans le sang. Elle traduit une hyperhydratation et peut provoquer des troubles digestifs (nausées, vomissements) ou surtout neurologiques, allant de la simple confusion au coma.On ignore avec quelle fréquence l'hyponatrémie survient chez les marathoniens, mais plusieurs cas de décès ont déjà été rapportés, comme celui d'une coureuse de 28 ans à l'issue du marathon de Boston en 2002.

C'est précisément au cours de ce marathon qu'une étude de grande envergure a été menée, incluant près de 500 coureurs de tous niveaux, représentatifs des coureurs actuels de marathon. Recrutés deux jours avant la course sur le site même d'inscription du marathon, les volontaires ont rempli un questionnaire portant sur leurs antécédents médicaux, leur mode d'entraînement en préparation du marathon et les stratégies d'hydratation envisagées au cours de la course. Ensuite, à l'arrivée, les coureurs ont fait l'objet d'un prélèvement sanguin et ont détaillé la quantité et la nature des boissons ingérées pendant la course.

Les résultats montrent que l'hyponatrémie est plus fréquente qu'on ne le pensait : 13% des coureurs testés étaient concernés. Par extrapolation, on estime que 1.900 des 15.000 coureurs du marathon de Boston ayant franchi la ligne d'arrivée, présentaient un certain degré d'hyponatrémie, tandis que 90 coureurs avaient une hyponatrémie sévère.

Quels sont les facteurs de risque ?

Le facteur de risque le plus important est un gain pondéral net pendant la course. Et ce gain est justement corrélé avec un excès d'apport hydrique. Vient ensuite une durée de course supérieure à quatre heures. En revanche, le type de boisson n'a pas d'importance, qu'il s'agisse d'eau ou de boisson sportive riche en électrolytes. Seule la quantité de boisson est en cause.De même, le risque n'est pas plus élevé chez les femmes, comme l'avaient suggérées des études antérieures.

En conclusion, les coureurs qui boivent beaucoup, au point de prendre du poids durant la course, sont les plus à risque d'hyponatrémie. Ce risque peut donc simplement être prévenu en recommandant de ne pas boire beaucoup pendant et juste après la course. Il est difficile d'établir une recommandation s'appliquant en toutes circonstances à tous les coureurs. Les auteurs de cette étude suggèrent qu'un demi-litre d'eau après la course serait suffisant pour restaurer un niveau correct d'hydratation.

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Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 03/05/2005 - 00h00 New England Journal of Medicine, pp 1550 et 1516, 14 avril 2005.
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