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Interview : Bien soigner son sommeil

Publié par Dr Philippe Presles le 06/08/2002 - 00h00
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Selon le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre et neurobiologiste, spécialiste des troubles du sommeil, bien dormir peut s'apprendre dans de nombreux cas. C'est le thème de son livre " Comment retrouver le sommeil par soi-même ".

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e-santé : Bien dormir permet de voir la vie en rose. Malheureusement, les troubles du sommeil concernent nombre d'entre nous. Combien de personnes en souffrent régulièrement ?Dr Sylvie Royant-Parola : Les troubles du sommeil sont fréquents. Si l'on s'en tient aux troubles du sommeil chroniques et invalidants, 10% de la population souffre d'une insomnie gênante dans la vie de tous les jours et 5% se plaint d'une somnolence anormale. Ce qui m'étonne toujours, c'est la tolérance aux symptômes qui caractérise ces patients. Ils hésitent à consulter car souvent ils n'ont pas conscience qu'il y a des maladies derrière ces symptômes, et donc des traitements possibles.

e-santé : Vous proposez dans votre livre de retrouver le sommeil par soi-même et notamment de corriger des erreurs pouvant perturber l'endormissement. Pouvez-vous nous préciser quelles sont les trois erreurs les plus fréquentes que vous rencontrez en consultation ?Dr SRP : La première erreur est de se coucher sans avoir sommeil. C'est beaucoup plus fréquent qu'on ne croit. Si vous faites un petit sondage autour de vous en posant la question : "pourquoi allez-vous vous coucher ?", vous serez surpris des réponses. La majorité des gens disent : "parce que c'est l'heure", "il faut que je dorme mes huit heures (ou une autre durée !)", "je me sens fatigué". Très rarement vous entendrez "parce que j'ai sommeil". Il est pourtant fondamental de ne se coucher que lorsqu'on a sommeil. La deuxième erreur est de ne pas aménager un temps de détente, un "sas de décompression" avant le coucher. On ne peut pas passer tout d'un coup d'une activité soutenue au sommeil. Les mécanismes d'éveil doivent se mettre en veilleuse pour permettre le déclenchement des mécanismes du sommeil. Il faut donc savoir s'arrêter et s'occuper par des activités calmes, non angoissantes, sans rapport avec l'activité professionnelle ou les soucis du moment. Enfin, il faut abandonner l'idée que se coucher plus tôt permettra de rattraper le sommeil qu'on a perdu. L'insomniaque passe un temps fou au lit. En particulier en se couchant souvent plus tôt, pas spécialement pour dormir, mais "pour se reposer" avec le secret espoir que le sommeil va l'emporter subrepticement, sans qu'il ne s'en rende compte. ca ne marche pas, au contraire !

e-santé : Si nécessaire, à partir de quand conseillez-vous de consulter son médecin ?Dr SRP : On peut tous passer une mauvaise nuit, et même, des mauvaises nuits lorsqu'on traverse une période perturbée par des soucis, des problèmes de santé... Néanmoins, quand les difficultés ne sont plus occasionnelles, mais régulières, il faut en parler à son médecin. Il peut aider à débloquer une situation qui n'est pas encore dramatique grâce à des moyens simples. Le fait d'en parler aide aussi à mieux comprendre ce qui se passe. L'automédication est déconseillée. Enfin, quand les troubles durent malgré l'intervention du médecin traitant, l'avis d'un spécialiste des troubles du sommeil peut être utile.

Publié par Dr Philippe Presles le 06/08/2002 - 00h00
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