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La grossesse est-elle compatible avec l'entraînement ?

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 19/08/2003 - 00h00
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Le sport est-il compatible avec la grossesse? Existe-t-il des contre-indications? Lesquelles?

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La femme enceinte subit une véritable transformation de son être. Son poids augmente d'environ 20%, son sang gagne en volume, sa respiration devient plus ample et plus profonde, son centre de gravité s'élève et le placenta remplace les ovaires dans leur fonction de production d'hormones. Face à ce grand chambardement, les médecins ont longtemps prôné la plus grande méfiance. On accusait le sport de provoquer des avortements spontanés, des malformations chez le bébé, des naissances prématurées, des accouchements longs et douloureux, etc. Aujourd'hui, les médecins ont fait machine arrière et reconnaissent que les mamans sportives enfantent plutôt plus facilement et plus vite que les autres. Le fait d'être enceinte ne constitue pas du tout une contre-indication à la pratique sportive. Mais il faudra éviter par exemple d'épuiser son organisme tandis qu'à l'intérieur de son ventre, un petit être s'efforce de pomper l'oxygène et les nutriments nécessaires à sa croissance. Il ne faudrait pas que la redistribution sanguine à l'effort se fasse au détriment du bébé.

Ni trop haut, ni trop bas

Diverses études ont été entreprises sur les limites à ne pas dépasser durant la grossesse. Elles ont confirmé que, même lors d'un effort important, le bébé ne semblait subir aucun malaise. Certes, son rythme cardiaque augmente légèrement, probablement en raison de l'élévation de la température corporelle. Mais cela ne l'empêche pas de dormir. En outre, les bébés de femmes sportives ne se distinguent ni par leur taille ni par leur poids. Evitez toutefois de courir sous le soleil (risques d'hyperthermie). Pensez à boire beaucoup pour limiter les risques de déshydratation. Il faut aussi éviter tous les sports violents. Certes, le bébé baigne dans le liquide amniotique et les chocs lui parviennent de manière atténuée. Le risque de fausse-couche après traumatisme n'est finalement pas très élevé. Mais le danger d'un décollement placentaire, de ruptures utérines et de contractions prématurées existe bel et bien et doit inciter à la prudence. Enfin, sachez que deux disciplines sont encore à proscrire: la plongée sous-marine, à cause du risque d'embolie gazeuse au niveau du placenta et de formation de bulles d'air dans la circulation fŒtale. La fédération interdit d'ailleurs formellement la pratique de ce sport aux femmes enceintes. Et l'alpinisme. Au-dessus de 3000 mètres, les mécanismes d'adaptation, ne permettent pas de compenser la raréfaction de l'air et l'on observe chez les enfants nés en altitude un poids généralement inférieur à la naissance ainsi qu'une augmentation de la mortalité néonatale et une plus haute fréquence de malformations cardiaques.

Allaiter ou courir, il faut choisir

Les mois qui suivent la naissance méritent aussi une grande attention. La femme allaitant voit ses seins doubler en volume. La fatigue aidant, il sera difficile de sacrifier aux principes de la tétée et de l'entraînement. Ce n'est d'ailleurs pas conseillé. Mieux vaut entreprendre une gymnastique post-natale qui vise une remusculation efficace du périnée. Il faut attendre deux, parfois trois mois avant de se remettre à l'entraînement véritable. Consacrez ce temps à votre nouveau-né. Dites-vous bien que lui aussi a fait preuve d'un courage olympique en naissant!

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 19/08/2003 - 00h00
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