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Euthanasie d’un girafon. Euthanasie, vraiment ?

Article créé le 17/02/2014 - 09h36 et mis à jour par Dr Philippe Violon le 12/02/2014 - 16h57
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Depuis quelques jours, les médias se sont emparés d’une affaire grandement médiatique : celle de l’abattage d’un girafon dans un zoo de Copenhague.

Et de manière surprenante, tous les médias, ou presque, utilisent à tort le terme euthanasie.

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Depuis 2002, l’euthanasie a été légalisée en Belgique. Pas celle des girafons, non, celle des être humains.
Et rappelons-nous que seuls 3 pays dans le monde ont légalisé l’euthanasie active : la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Notre pays fait donc partie des précurseurs alors que dans tous les autres, des patients en fin de vie, ne pouvant plus, malgré parfois des soins palliatifs de très grande qualité, faire face à une souffrance physique ou psychique intolérable, n’ont pas le droit de demander qu’on abrège leur vie dans de bonnes conditions.

Euthanasie, des critères stricts

Bien entendu, l’euthanasie fait encore l’objet de débats au sein de la société civile et du monde politique. C’est bien normal, et sain. Ce débat est encore plus vif lorsqu’on aborde la très délicate question de l’euthanasie chez les mineurs.

Mais rappelons toutefois que l’euthanasie n’est pas un mot qui doit être galvaudé. L’euthanasie doit répondre tout d’abord à la demande du patient lui-même. Celui-ci doit souffrir d’une maladie incurable (ou séquelle d’accident…) et la souffrance psychique et/ou physique à laquelle il fait face doit être insupportable, constante et ne peut être apaisée. Il va de soi que la demande d’euthanasie doit être répétée et ne faire l’objet d’aucune pression extérieure.

Non, le girafon n’a pas été euthanasié

Et c’est là que le bât blesse.  À travers le monde, le mot euthanasie a été, au cours des derniers jours, galvaudé, erronément employé et a induit en erreur des millions de lecteurs.
Et surtout, il a terriblement desservi les associations de citoyens, médecins, politiques qui se battent pour la reconnaissance du droit  à l’euthanasie et à celui, corollaire, de mourir dans la dignité. Car ce girafon a été abattu uniquement pour éviter des problèmes de consanguinité dans le zoo. Son patrimoine génétique n’était, aux yeux des responsables, simplement pas le bon.

Billet initialement publié le 17/02/2014 - 09h36 et mis à jour par Dr Philippe Violon le 12/02/2014 - 16h57
Ce billet fait partie du blog : Le blog de la Rédaction
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EricPomme

Quoi qu'en pense le docteur Violon (docteur en médecine, probablement, et pas docteur en ... langue française), oui, le girafon a bien été euthanasié.
Sauf erreur de ma part, le mot "euthanasie" provient de la langue grecque et signifie "bonne mort"... Euthanasier un être humain ou un animal, c'est donc le tuer d'une mort "douce".
Je suis d'accord que, dans la législation du Bénélux, ce terme a une acception particulière, mais la langue française, heureusement, ne se limite pas aux textes de lois de trois pays.
Et dans ce cas, je pense que le girafon a bien bénéficié d'une mort sans souffrance, donc, d'une euthanasie.

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