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Les cardiaques peuvent aussi prendre l'avion

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 11/07/2017 - 17h13
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Est-il des risques particuliers de prendre l'avion lorsque l'on est atteint d'une maladie cardiaque ? Il existe effectivement des risques spécifiques. Les connaître permet de les prévenir en appliquant certaines règles simples de prévention.

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1) La pression en oxygène diminue : risque de malaise vagal

Plus on monte, plus la concentration en oxygène diminue. En avion, cette concentration est équivalente à celle qui règne à une altitude d'environ 2.000 mètres. Celle-ci reste largement suffisante pour l'oxygénation du coeur. En revanche, à cette concentration, les gaz intestinaux tendent à se dilater, ce qui exerce une légère compression de l'abdomen. Une telle compression suscite un réflexe dénommé "réflexe vagal" qui a pour effet de ralentir les battements cardiaques, une sorte d'adaptation réflexe à la situation extérieure. Chez certaines personnes, ce réflexe vagal peut être assez important et accompagné d'une baisse de la pression artérielle, à l'origine d'un malaise, de nausées, de sueurs et d'une perte de connaissance. Si celui-ci est impressionnant, il n'est pas particulièrement dangereux.
Lorsque la sensation de malaise apparaît, il est recommandé de quitter son siège, de s'allonger dans l'allée et de replier ses jambes sur son ventre. Le malaise passe généralement assez rapidement.
Pour prévenir ce type d'incident, il est aussi déconseillé de consommer beaucoup d'alcool et de faire un repas trop copieux dans l'avion.
 

2) L'immobilité assise prolongée : risque d'oedème ou de phlébite

Jambes pliées, la circulation du sang dans les grosses veines fémorales se fait mal. Mais la position assise prolongée s'accompagne également d'une chute de la pression dans les veines des jambes. Et enfin, l'atmosphère pressurée qui règne à l'intérieur d'une cabine d'avion est à l'origine d'une tendance à la déshydratation, ce qui diminue le volume sanguin, augmente sa concentration et sa coagulation. Ces trois phénomènes favorisent la survenue d'une phlébite. Le plus souvent, elle passe inapercue et n'est pas douloureuse, mais parfois, un caillot se détache et va obstruer une artère, c'est l'embolie pulmonaire.
La prévention s'impose pour tout vol dépassant les 2 à 3 heures :

  • • Boire beaucoup (objectif : uriner toutes les 2 heures).
  • • Marcher dans le couloir ou piétiner (objectif : se dégourdir les jambes dix minutes par heure de vol).
  • • En cas d'antécédent de phlébite ou en l'absence de traitement anticoagulant, il convient de discuter avec son médecin ou son cardiologue de l'éventualité de suivre ce type de traitement en prévention (injection d'héparine une heure avant le décollage).
  • • Si nécessaire, porter des bas de contention.
Initialement publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 25/03/2008 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 11/07/2017 - 17h13

* Pr Jean-Pierre Ollivier, Consultant de cardiologie à l'hôpital militaire du Val de Grâce et Professeur associé au Collège de médecine des hôpitaux de Paris. Pr Jean-Pierre Ollivier, "100.000 battements pas jour", éditions Gutenberg.

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