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Cancer de l'estomac : les traitements

Mise à jour par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 03/12/2010 - 15h39
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Ce chapitre n’aborde que la stratégie thérapeutique mise en place lorsque le patient présente un adénocarcinome gastrique.

La prise en charge des autres formes de cancers de l’estomac n’est pas abordée dans ce chapitre ; elle nécessite en effet des traitements spécifiques, qui différent en fonction du type précis de cancer et du patient.

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La chirurgie

La chirurgie constitue le seul traitement curatif des cancers gastriques. Malheureusement, elle n’est pas toujours envisageable.

Les traitements médicamenteux et la radiothérapie sont deux autres options qui peuvent être utilisées seules, en complément de la chirurgie, ou associées entre elles. Le protocole de traitement optimal sera déterminé par une équipe pluridisciplinaire, en fonction du profil du patient et de sa tumeur.

Des rechutes locales ou à distance peuvent malgré tout survenir à plus ou moins long terme chez une part significative des personnes opérées.La chirurgie est en théorie envisageable lorsque la tumeur est peu évoluée (T1 à T3). Cependant, l’envahissement ganglionnaire, l’âge ou l’état général du patient peuvent constituer des contre-indications. À l’inverse, des tumeurs très évoluées (T4) sont parfois opérables.

En pratique, la chirurgie n’est possible que pour la moitié des malades.

Les différents principes

L’ablation (ou résection) chirurgicale de la tumeur peut être réalisée selon trois modalités :

  • Lorsque la tumeur est très petite, peu profonde et sans extension aux ganglions ou à d’autres organes, une résection par endoscopie est possible. Le déroulement de l’opération est similaire à celui d’une endoscopie diagnostique, mais la sonde est couplée à de petits instruments chirurgicaux utilisés pour sectionner la tumeur et la retirer.
  • Lorsque la tumeur est moins superficielle et située dans la partie inférieure de l’estomac (antre), une gastrectomie partielle est pratiquée : il s’agit d’une opération visant à retirer la partie atteinte de l’estomac, avec une marge de sécurité suffisante pour être sûr de retirer toutes les cellules cancéreuses.
  • Lorsque la tumeur est située au niveau du corps de l’estomac ou du cardia, la gastrectomie doit être totale : cette fois, l’estomac est retiré entièrement. L’extrémité de l’œsophage est alors raccordée à l’intestin : cette reconstruction est appelée anastomose œso-jéjunale.La gastrectomie – partielle ou totale– est réalisée sous anesthésie générale après une période de jeûne de 6 heures minimum. L’opération dure généralement 4 à 6 heures.Un curage ganglionnaire est réalisé en même temps que la résection chirurgicale : il s’agit de l’ablation des ganglions lymphatiques voisins de l’estomac. Ce geste permet de réduire le risque de dissémination vers le reste de l’organisme des cellules cancéreuses qui s’y trouvent ou pourraient s’y trouver.

Selon l’avancée de la maladie, le nombre de ganglions retirés est plus ou moins important.

L’ablation de la rate (splénectomie) est parfois nécessaire lorsque le cancer s’y est propagé ou lorsque des saignements trop importants se produisent durant l’opération.

Les suites de l’intervention

À la fin de l’opération, des drains sont posés à travers la peau au niveau de l’abdomen : ces tubes fins permettent d’évacuer à l’extérieur le liquide qui pourrait s’accumuler au niveau de la zone opérée. Ils sont retirés après quelques jours.

Une sonde urinaire est également posée jusqu’à ce que le patient puisse se lever.

Durant les premiers jours suivant l’opération, le patient est nourri par une fine sonde introduite jusqu’au tube digestif par le nez.

Les risques de l’intervention

La douleur est fréquente après l’opération chirurgicale. Un traitement antalgique est proposé à chaque patient, en fonction de l’intensité de la douleur qu’il ressent.

Des complications sont possibles. Le principal risque est celui de formation d’une fistule liée à une suture incomplète entre l’œsophage et l’intestin. Elle entraîne la fuite du contenu du tube digestif, favorisant le développement d’un abcès. Une nouvelle intervention doit alors être programmée en urgence pour fermer la fistule. Entre-temps, un stent – sorte de gros ressort – peut être introduit via le tube digestif pour venir obstruer la brèche.

Plus rarement, des hémorragies, des phlébites ou des infections sont observées. Un traitement spécifique sera proposé le cas échéant.

La chimiothérapie

La chimiothérapie consiste à administrer des médicaments qui détruisent les cellules au moment de leur division. Elle tue préférentiellement les cellules cancéreuses car ces dernières se multiplient plus fréquemment que les autres cellules de l’organisme. Cependant, il n’est pas possible d’empêcher son action sur les cellules normales qui se divisent aussi : c’est ce qui explique les effets indésirables du traitement.

La chimiothérapie est administrée selon un protocole comportant un ou plusieurs médicaments. En règle générale, sa durée est de plusieurs semaines : chaque médicament est utilisé selon des règles précises de doses et de durée qui varient parfois dans le temps. Souvent, plusieurs cycles de traitement sont nécessaires, espacés de quelques semaines.

L’administration de la chimiothérapie se fait principalement par voie injectable mais parfois par voie orale (comprimés). Pour éviter de multiplier les piqûres dans les veines du patient, un cathéter peut être mis en place. Selon les cas, l’équipe aura recours à un cathéter placé au niveau de la clavicule, ou bien à un petit réservoir (chambre implantable ou « porte-à-cath ») implanté sous la peau.

Les modalités

Dans les cancers de l’estomac opérables, une chimiothérapie peut être réalisée avant et après la chirurgie.

Avant la chirurgie, elle permet de réduire la taille de la tumeur et de faciliter sa résection. Après la chirurgie, elle permet d’optimiser l’efficacité de la chirurgie en réduisant le risque de récidive.

Dans le cadre de la prise en charge des tumeurs non opérables, ou des cancers gastriques au stade métastatique, la chimiothérapie est utilisée pour réduire la taille de la tumeur, les symptômes qu’elle entraîne et améliorer ainsi le pronostic.

Les effets secondaires

Les effets secondaires induits par la chimiothérapie dépendent directement de la nature du médicament utilisé : il peut s’agir de diarrhées, de vomissements, d’une chute de cheveux…

Dans la plupart des cas, un traitement est proposé pour éliminer ou réduire ces manifestations. La moelle osseuse du patient est exposée à une toxicité qui peut engendrer une anémie, une baisse du nombre de globules blancs (neutropénie) ou de plaquettes sanguines (thrombopénie). Une surveillance (via une analyse de sang) est systématiquement réalisée avant chaque cycle. Un traitement préventif peut être proposé.

Initialement publié par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 19/01/2010 - 01h00 et mis à jour par Fondation ARC pour la recherche sur le Cancer le 03/12/2010 - 15h39
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