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La BPCO est un fléau mortel

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 04/10/2005 - 00h00
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La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est un véritable fléau. Elle touche déjà 600 millions de personnes dans le monde. Sa progression suit celle du tabagisme. Ce fléau est annoncé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme la 3e cause de mortalité d'ici 2020...

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La BPCO se féminise dangereusement

Avec la forte progression du tabagisme féminin, les femmes sont désormais presque autant touchées par la BPCO que les hommes. En l'espace de vingt ans, la mortalité attribuable à cette redoutable maladie a progressé de 185% chez les femmes, contre 13% chez les hommes.Par méconnaissance, la BPCO est sous-diagnostiquée et sous-traitée. Or, face à un pronostic très sévère, la prise en charge précoce et la prévention sont des éléments vitaux.

Comment se manifeste la BPCO ?

Toux, crachats et essoufflements représentent les trois premiers symptômes qui vont altérer la qualité de vie. Leur intensité va croître, accentuant le handicap. Au début, seuls les exercices physiques soutenus sont limités. C'est ensuite au tour des activités plus modérées, comme la simple montée d'un escalier. Et enfin, ce sont les petits gestes de la vie quotidienne qui s'altèrent. Pour 40% des patients, l'essoufflement est le handicap majeur. Celui-ci apparaît à la parole dans 19% des cas, puis au repos (11% des cas), jusqu'à ce que la sévérité entrave les éloignements du domicile.On peut penser qu'en arriver à ce stade relève de la négligence. Pas forcément, car la BPCO est particulièrement insidieuse. Si l'essoufflement est un symptôme a priori très visible, il a la particularité de s'installer très lentement, à tel point que le patient va s'en accommoder pendant longtemps, en adaptant progressivement ses habitudes de vie au niveau de son essoufflement. Pendant ce temps, la fonction respiratoire continue à s'affaiblir lentement.Il faut également savoir que cette maladie pulmonaire ne se cantonne pas à l'appareil respiratoire. Les conséquences sont également cardiovasculaires et ostéoporotiques : le risque d'ostéoporose augmente chez les patients atteints de BPCO, tandis que le risque de maladies cardiovasculaires s'élève de 75%.En conclusion, toux, crachats et essoufflements doivent amener à consulter (même les fumeurs trentenaires !). Le dépistage est aujourd'hui particulièrement simple. Demandez à votre médecin s'il dispose de l'appareil nécessaire, dans la négative, consultez un pneumologue. Une prise en charge précoce permet d'éviter les complications et de stopper l'évolution de la maladie. Cette maladie extrêmement grave tue chaque année bien plus que le sida, la grippe et les accidents de la route réunis.

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 04/10/2005 - 00h00 Congrès de l'European Respiratory Society, septembre 2005.
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