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Les apparences sont parfois trompeuses

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 01/06/2004 - 00h00
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Revenons sur le sujet des hémorragies en examinant à présent comment il faut réagir quand le sang s'écoule non pas à l'extérieur mais à l'intérieur de l'organisme.

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Malaise dangereux

Certains traumatismes importants laissent le sportif apparemment indemne. Attention, il risque d'en déduire un peu vite qu'il s'en tire à bon compte, alors qu'en réalité des lésions, parfois très graves, se sont produites dans les profondeurs de l'organisme. On connaît l'histoire du cycliste portugais Joaquim Agostinho qui a chuté au Tour d'Algarve en 1984 parce qu'un chien avait traversé la route juste devant lui. Il s'est relevé et, complètement sonné, il a même terminé l'étape. Malheureusement, il est décédé peu après d'une hémorragie intra-crânienne, que personne n'avait soupconnée. Méfiance donc lorsqu'on recoit un fort coup sur la tête. Il faut résister à l'envie de s'endormir, comme on a tendance à le faire, et si on a le moindre doute, se rendre immédiatement à l'hôpital. L'abdomen constitue aussi une autre zone sensible. Prenez toujours au sérieux des signes de malaise qui surviennent plusieurs heures après la compétition. Et en particulier, la sensation d'avoir de "l'eau dans le ventre". La cause est à rechercher dans un saignement interne, secondaire à l'éclatement d'un organe très vascularisé, comme la rate, ou à l'atteinte d'un gros vaisseau sanguin. Au bout d'un laps de temps plus ou moins long, la pression artérielle diminue, le teint devient cireux et le sujet se sent partir… Tout cela sans blessure apparente !

Directement à l'hôpital

Bien sûr, tous les saignements internes ne sont pas aussi tragiques. Dans certains cas, ils peuvent même être de bon augure. Chez le footballeur qui s'est claqué, par exemple, le fait de voir apparaître un gros bleu sous la peau témoigne que l'atteinte est superficielle et que la cicatrisation ne sera pas entravée par un hématome profond et enkysté. Le bleu en question virera vite au jaune et se répandra dans tout le membre avant d'être évacué. Plus embêtant, il arrive que l'épanchement se collecte en poche. Il existe même un cas particulier pour les lombes et les cuisses, appelé épanchement séreux de Morel-Lavallée, où à la suite d'un choc tangentiel comme on en rencontre fréquemment dans le karaté par exemple, la peau glisse sur l'enveloppe musculaire. Après quelques jours, il se constitue un énorme épanchement sous forme de "sac" mou qui ne veut pas disparaître. La seule solution est alors de recourir à la chirurgie de drainage. Enfin, s'il n'existe pas de recette miracle pour éviter les traumatismes, on recommandera tout de même aux sportifs la plus grande prudence face à la consommation d'aspirine, surtout avant l'effort. Ces médicaments ont effectivement pour effet de contrarier les mécanismes de coagulation et donc d'allonger la durée des saignements. A éviter, donc !

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 01/06/2004 - 00h00
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