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L'annonce d'un cancer du sein : témoignage de patiente

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 10/10/2006 - 00h00
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À propos de l'annonce du diagnostic, le médecin dit "Ce n'est pas un moment facile" avec une pudeur qui laisse poindre le poids d'une responsabilité écrasante. La patiente dit "C'est un tremblement de terre", toute à son refus d'une réalité non moins écrasante.

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Une annonce toujours difficile

C'est un tremblement de terre, l'état de choc, l'incompréhension, le refus. Soudain tout se mélange. D'abord en raison du mot cancer lui-même, synonyme de mort pour la majorité des patientes. Ce qui est pourtant loin d'être le cas (mais les idées recues sur le cancer sont tenaces).

Les conséquences de cette révélation sont toujours très traumatisantes pour la patiente. Endosser brutalement le statut de malade ne va pas de soi. La peur déferle. La révolte et l'angoisse aussi. En quelques instants, la vie est bouleversée, les repères habituels disparaissent. La patiente est submergée par l'inimaginable.

Cette annonce du cancer, toujours difficile, s'opère dans un face à face dans lequel tous les ingrédients de l'incompréhension sont réunis : côté médecin, la difficulté de trouver "les mots pour le dire", le manque de temps, les interruptions d'entretien ; côté patiente, le trouble, l'émotion voire la déroute intellectuelle.

Une entrée dans un nouveau monde

Dans cette situation, le médecin est maître du jeu. Il n'y a probablement pas de bonne facon de faire cette annonce mais il y en a de moins mauvaises que d'autres.

Le médecin doit prendre tout son temps pour ce moment crucial : le temps de rassurer, d'expliquer, de donner des détails, de répondre à toutes les questions posées en termes clairs. On se sent moins vulnérable lorsqu'on comprend son mal.

En l'occurrence, l'accompagnement d'une personne chère, permet un meilleur déroulement de l'entretien.

Parfois le dialogue est raté au départ. Nombre de femmes s'en plaignent, qui se sentent incomprises et terriblement seules en sortant de ce premier entretien qui marque leur entrée dans le monde du cancer. Un monde totalement inconnu tant qu'on est en bonne santé.

Tout de suite après, vient la pensée du traitement du cancer. Une plongée vers l'inconnu qui génère une anxiété très vive. La qualité de vie devient alors dépendante des ressources morales personnelles de la patiente et de l'écoute que son entourage lui accordera.

La patiente doit accomplir un travail psychique intense. L'attitude de la famille est alors capitale. Il est important que la personne touchée se sente écoutée, comprise, choyée, aidée pour assimiler la mauvaise nouvelle. C'est un long travail qui demande beaucoup d'énergie et d'amour.

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 10/10/2006 - 00h00 Livret publié par l'Association Etincelle.
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