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Alcool, bière, vin et goutte : quels liens ?

Mise à jour par Anne Buchet le 07/02/2020 - 13h39
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De tout temps, la goutte a été principalement associée à la consommation excessive d'alcool accompagné de repas trop copieux. 

Vrai ou faux ? Quels sont les alcools concernés ?

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Qu'est-ce que la goutte ?

La goutte ou arthritisme uréique est une inflammation articulaire s’installant majoritairement dans le gros orteil (75% des cas) et dans les extrémités articulaires des membres inférieurs (orteil, cheville, genou). Gonflée, rouge et chaude, l’articulation est particulièrement douloureuse en période de crise aigüe. Elle guérit en principe dans les trois semaines avec une immobilisation de l’articulation et de la glace appliquée mais peut réapparaître après un certain temps. Une thérapie spécifique par décharge par un podologue peut être bénéfique dans le cas où des déformations articulaires surviennent (forme héréditaire de la maladie). Dans le cas contraire et en cas de douleurs intenses, les cristaux peuvent être éliminer lors d’une intervention chirurgicale.

Comment la détecter ?

Une prise de sang permet de mesurer le taux d’acide urique dans le sang et une ponction du liquide synovial de l’articulation révèle la présence de cristaux.

Quelles sont les causes de la goutte ?

Le développement de la goutte est associé à une augmentation du taux d'acide urique dans le sang. L'acide urique forme des cristaux dans l'articulation, responsables de l'inflammation. Seule une personne sur dix ayant un taux élevé d'acide urique dans le sang souffrira de la goutte. Le risque est encore plus élevé si la goutte est une maladie héréditaire.
La consommation d'alcool, des repas riches en protéines et la prise de diurétiques peuvent déclencher un épisode de goutte. La goutte peut aussi apparaître après une opération ou une entorse au niveau de l'articulation. Les cristaux de goutte peuvent aussi provoquer la formation de calculs rénaux.

De la goutte d’alcool, de bière et de vin de trop à la goutte

#E#Le risque de contracter la goutte est 2,5 fois plus élevé chez les hommes (à partir de 30 ans) qui consomment quotidiennement quatre à cinq verres d'alcool que chez leurs congénères sobres. Rien qu'un verre d'alcool par jour augmente déjà le risque de 30%. Elle peut intervenir chez les femmes après 50 ans avec la ménopause.

Pour la bière, c'est encore pire. Pour une consommation quotidienne de deux verres de bière ou plus, le risque de goutte est 2,5 fois plus élevé, tandis que le risque est 1,6 fois plus élevé pour deux verres de spiritueux.

 

Pourquoi la bière est-elle incriminée ?

Alors que le breuvage national a été classé au patrimoine immatériel de l’Unesco, le voici sur le banc des principaux accusés responsable de la goutte. Pourquoi tant d’injustice ? La faute à la purine contenue en grande quantité dans la bière et plus précisément dans sa levure. Cette substance azotée est, par dégradation, responsable de la formation de l’acide urique.

Il y a plus d’une quinzaine d’années, des chercheurs de la célèbre Harvard Medical School de Boston avaient publié une étude dans laquelle ils avaient analysé l'effet des habitudes alimentaires et de la consommation de boissons sur l'apparition de la goutte. L'échantillon comprenait 47.150 hommes parmi lesquels 1.332 souffraient de la goutte par consommation excessive d’alcool. Toujours d’actualité, les résultats de l’étude ne sont pas démentis : il existe bel et bien une relation de causes à effets concernant la consommation d'alcool, surtout de bière, et la goutte.

Conclusion :
Les chercheurs ont conclu que la consommation d'alcool est fortement associée à une augmentation du risque de goutte.
Ce risque dépend toutefois du type de boissons consommées. Boire de la bière est plus à risque que boire des spiritueux, alors qu'une consommation modérée de vin n'augmente pas le risque de goutte.

Initialement publié par Dr Peter Mareen le 17/08/2004 - 00h00 et mis à jour par Anne Buchet le 07/02/2020 - 13h39
Choi HK et al. Alcohol intake and risk of incident gout in men: a prospective study. The lancet 2004; 363: 1277-81.
Stibůrková, B. et al., PLoS One. 2014 May 14;9(5):e97646. doi: 10.1371/journal.pone.0097646. eCollection 2014.
 
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