Voir double (diplopie)

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La diplopie peut être verticale - les deux images sont l'une au-dessus de l'autre - ou horizontale - l'une à côté de l'autre. Dans 99 % des cas, la diplopie touche les deux yeux, on parle alors de "diplopie binoculaire" ; si elle ne touche qu'un oeil, il s'agit d'une "diplopie monoculaire". Si l'on couvre l'un des deux yeux, la diplopie disparaît. Elle peut être accompagnée de plusieurs symptômes, dont les principaux sont une douleur en bougeant les yeux et une rougeur de l'oeil. L'enfant atteint de diplopie aura tendance à loucher ou à garder un oeil fermé, car il n'a pas encore appris à faire abstraction d'une des deux images.

Diplopie binoculaire

  • Consommation exagérée d'alcool.
  • Présence d'un kyste ou d'une tumeur derrière l'oeil, l'empêchant de bouger normalement. Cela entraîne un désalignement du regard. La diplopie peut être associée à de l'exophtalmie (quand l'oeil semble être sorti de l'orbite), à de la douleur en bougeant les yeux, à une rougeur des yeux et, plus rarement, à un affaissement de la paupière.
  • Traumatisme à la tête ou au visage.
  • Atteinte neurologique. Chez les personnes de plus de 55 ans, la diplopie est habituellement due à la paralysie d'un nerf crânien secondaire à une thrombose. Les diabétiques, les hypertendus, les fumeurs et les individus dont le taux de cholestérol est élevé y sont davantage sujets. Chez les individus plus jeunes, cette atteinte résulte de la compression d'un nerf par une tumeur cérébrale. Les personnes qui en sont affligées peuvent être prises de vertiges, éprouver de la faiblesse ou des engourdissements dans les bras ou les jambes, avoir une pupille dilatée et une paupière tombante.
  • Inflammation d'un muscle de l'oeil (myosite). Elle s'accompagne le plus souvent de douleur en faisant bouger les yeux, de rougeur et d'exophtalmie.
  • Maladie d'un muscle de l'oeil (myasthénie, par exemple). Une paupière tombante y est souvent associée.
  • Dysfonctionnement de la glande thyroïde (maladie de Basedow). Elle survient généralement entre 20 et 50 ans et provoque, dans la plupart des cas, une diplopie verticale accompagnée d'exophtalmie et de rougeur.
Diplopie monoculaire
  • Astigmatisme. Il s'agit d'un défaut optique empêchant le sujet de bien voir à distance ou de près, ce qui entraîne parfois une diplopie.
  • cataracte. Elle peut être accompagnée d'une vision trouble ;
  • Tache de la cornée (taie). Une vision embrouillée et un éblouissement à la lumière (photophobie) en constituent les symptômes.

  • Consulter un médecin. Le fait de voir double indique la présence d'une affection sous-jacente qui peut être grave. Il est encore plus urgent de consulter un médecin quand il s'agit d'un enfant.
  • Couvrir un côté des lunettes. Obstruez un côté de vos lunettes à l'aide d'un morceau de papier collant ou de carton ; vous obtiendrez ainsi un certain soulagement. Si vous ne portez habituellement pas de lunettes , faites une exception et procurez-vous des verres neutres dont vous couvrirez un côté.
  • Ne pas recourir à l'"oeil de pirate". Bien qu'il soit plus facile de ne voir qu'une seule image, les couvre-oeil retenus par un élastique exercent une pression sur l'oeil et sont inconfortables. Ils peuvent parfois aggraver un problème de vision au lieu de le soulager. De plus, avec le temps, on perd de la capacité à voir des deux yeux.
  • Ne pas appliquer de pansement directement sur l'oeil. Cela accroît les risques d'infection.

  • Vous pensez que votre enfant voit double (consultez rapidement).
  • Vous voyez double depuis plus de 24 heures.
  • Vous êtes pris de vertiges, d'étourdissements et de faiblesse.
  • Vous avez subi un traumatisme à la tête.
  • Vous éprouvez des maux de tête ou de la douleur en faisant bouger les yeux.

Le médecin procédera d'abord à l'évaluation de la diplopie à l'aide de prismes et de lumières. Il vérifiera ensuite les signes de rougeur, puis, à l'aide d'une règle à mesurer spéciale (exophtalmomètre), il s'assurera que l'oeil ne présente pas de saillie anormale hors de l'orbite. Il recherchera également des signes d'atteinte neurologique en procédant à un examen physique, notamment des bras, des jambes et du visage.

Diplopie binoculaire

  • Présence d'un kyste ou d'une tumeur derrière l'oeil. Dans la plupart des cas, l'intervention chirurgicale s'impose.
  • Traumatisme à la tête (fracture ou hémorragie). Le patient sera suivi jusqu'à disparition complète de la diplopie. S'il persiste une diplopie résiduelle, celle-ci pourra être corrigée par l'ajout de prismes dans les verres correcteurs (les prismes sont des angles qui redirigent la vision) ou par une intervention chirurgicale.
  • Atteinte neurologique. Dans le cas d'une thrombose, le traitement pharmacologique repose essentiellement sur l'aspirine afin d'éviter la formation d'autres caillots. Si la diplopie ne disparaît pas spontanément, on pourra faire une intervention chirurgicale au niveau des muscles de l'oeil ou ajouter des prismes dans les lunettes.
  • Inflammation d'un muscle de l'oeil. Le médecin prescrira un traitement à base de cortisone.
  • Maladie d'un muscle de l'oeil. Le traitement varie selon la cause. Dans les cas de myasthénie, on aura habituellement recours à un traitement prolongé par le Mestinon, un anticholinestérasique qui améliore la fonction musculaire et qui aide par conséquent les muscles des yeux à se contracter.
  • Dysfonctionnement de la glande thyroïde. Le médecin procédera à un examen approfondi de la fonction thyroïdienne. Le traitement peut être médicamenteux, à base d'iode radioactif et, dans de rares cas, chirurgical.
Diplopie monoculaire
  • Astigmatisme. Ce défaut optique est facilement corrigé par le port de lunettes ou de verres de contact.
  • Cataractes. L'intervention chirurgicale constitue le seul traitement.
  • Tache de la cornée. Selon le cas, des gouttes antibiotiques ou de cortisone, une intervention chirurgicale (greffe partielle ou complète de la cornée) ou le traitement au laser peuvent faire disparaître les opacités.
Initialement publié le 28/01/2002 - 01h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19316" hreflang="fr">Dr Francine Mathieu-Millaire, Ophtalmologue, Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Montréal</a> le 01/08/2005 - 02h00 Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005
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