Vaccin contre le HPV : Pas d’augmentation des autres IST

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 16/02/2015 - 11h49
-A +A

En vaccinant des adolescentes contre une infection sexuellement transmissible, risque-t-on de les encourager à avoir des comportements sexuels à risque ? La réponse est non... encore un argument pour la vaccination contre le virus HPV.

PUB

Pas plus d’IST chez les jeunes filles vaccinées contre le HPV

Le vaccin contre le HPV est un peu particulier, dans la mesure où le risque de maladie est lié à l'activité sexuelle. L'acte de vacciner l'est donc aussi : il est plus utile de faire l'injection avant que la jeune fille commence son activité sexuelle, pour qu'elle soit protégée dès ses premiers rapports.

Ce lien peut-il mettre dans la tête des jeunes filles l'idée que le moment du vaccin doit être celui du début de la vie sexuelle ? Et la protection apportée par le vaccin risque-t-elle d'entraîner des conduites à risque, les jeunes se sentant protégées par le vaccin et négligeant le risque d'autres IST non couvertes ? Ces questions viennent de trouver leurs réponses. Des chercheurs viennent en effet de vérifier auprès de plus de 200 000 jeunes filles si celles qui sont vaccinées ont plus d'infections sexuellement transmissibles que celles qui ne le sont pas. Et la réponse est non. Suivies pendant 10 ans, les deux groupes ont acquis à peu près le même nombre d'IST : 0,42% des jeunes filles non vaccinées et 0,68% des vaccinées ont acquis une nouvelle IST autre que le HPV.

Une vaccination sans risques

Le vaccin contre le HPV voit donc encore un argument contre lui disparaître. Si lors de son introduction sur le marché, en 2007, on manquait encore de recul, il a aujourd'hui prouvé qu'il ne présente pas de risques majeurs pour la santé, qu'il est efficace pour prévenir les cancers du col de l'utérus, et maintenant, qu'il n'augmente pas les comportements sexuels à risque.

Rappelons donc qu'il est recommandé pour toutes les jeunes filles entre 12 et 19 ans. Deux vaccins sont proposés en Belgique : l'un, le protège contre deux souches de HPV (16 et 18), l'autre contre quatre (6, 11, 16 et 18) ce qui permet d'éviter non seulement les virus qui sont liés à l'apparition des cancers, mais aussi ceux qui causent les verrues génitales, non cancéreuses mais tout de même désagréables. Ce deuxième vaccin est beaucoup plus cher : il coûte 118,43 euros, contre 69,11 euros pour le vaccin bivalent. Pour les jeunes filles entre 12 et 19 ans, l’aspect coût est cependant éliminé par l’intervention de l’INAMI. Celle-ci réduit en effet le prix à 11,80 euros par dose quelle que soit le vaccin choisi.

Initialement publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 16/02/2015 - 09h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 16/02/2015 - 11h49

Jena, A.B. et al., JAMA Intern Med. Published online February 09, 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2014.7886.

vaccination-info.be.

Notez cet article
Vous devez être connecté à votre compte E-Santé afin de laisser un commentaire
PUB
A lire aussi
Papillomavirus : vaccins, dépistage, quoi de neuf ? Publié le 05/08/2016 - 10h20

Le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) , virus qui est à l’origine de 70% des cancers du col de l’utérus, est disponible en Belgique depuis 2007. Nous avons demandé au Pr Philippe Simon, gynécologue, Chef de Clinique de la clinique de gynéco...

Plus d'articles