Traumatismes crâniens : des séquelles comportementales

Publié par Dr Philippe Presles le 21/08/2007 - 00h00
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Les traumatismes crâniens sont à l'origine de séquelles, pouvant générer des troubles cognitifs, du comportement et des émotions. Ils sont souvent invalidants et déroutants pour l'entourage; les troubles dépendent de la gravité du traumatisme crânien.

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Les traumatismes légers (absence, pertes de connaissance courtes)

Ils n'entraînent pas de comportement inadapté incohérent ou dangereux. En revanche, on observe des modifications de l'intensité des émotions, avec des perturbations des relations sociales et familiales: impatience, irritabilité ou impulsivité. La victime a conscience de ces modifications et en souffre. La psychothérapie traditionnelle n'est pas indiquée. Les troubles vont évoluer favorablement avec le temps. Mais l'écoute du médecin et un traitement court par anxiolytiques peuvent aider à réduire l'angoisse du blessé et les tensions familiales.

Les traumatismes graves (coma)

Ils sont à l'origine des différents troubles cognitifs, comportementaux et émotionnels.
Les déficits cognitifs sont de deux formes. La victime est passive, comme au ralenti, apragmatique, sa participation à la vie sociale est superficielle, sans aucune initiative ni implication. Inversement, elle peut adopter un comportement impulsif, brouillon et excessif avec des changements d'humeur, passant d'une attitude joviale à des réactions inattendues et violentes à la moindre contrariété. Ces troubles ne sont pas percus de facon réaliste par la victime.

La diminution du contrôle des comportements peut se manifester par des crises de boulimie (ingestions compulsives d'aliments ou d'alcool), des gestes ou des propos impudiques, un irrespect des règles et des conventions sociales.

Les réactions aux émotions sont inadaptées ou disproportionnées : peur, agressivité, colère, voire à l'extrême, des crises de rage, des hurlements et des bris d'objets. Dans certains cas, on observe à l'opposé une froideur et une indifférence affective très marquées.
Les deux peuvent coexister, ce qui donne des crises de colère ou des gestes déplacés inattendus, sur un fond d'indifférence et d'insensibilité aux émotions.

Publié par Dr Philippe Presles le 21/08/2007 - 00h00 Le Quotidien du médecin, 24 mai 2007.
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