Tout savoir sur la fièvre jaune

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 12/06/2017 - 15h46
-A +A

Vous partez en vacances en Afrique ou en Amérique du Sud ? Il vous est peut-être conseillé de vous faire vacciner contre la fièvre jaune. Renseignez-vous : ce vaccin est aujourd'hui valable pour la vie entière...

PUB

Qu'est-ce que la fièvre jaune ?

La fièvre jaune est une maladie décrite depuis plusieurs siècles. Elle est due au virus amaril, transmis à l'homme par des piqûres de moustiques, et provoque parfois de graves épidémies en Afrique Tropicale et en Amérique du Sud. Les symptômes qu'elle provoque sont de gravité très variable : de la simple grippe, à la maladie gravissime qui peut tuer. Le terme de fièvre jaune vient de la jaunisse, qui survient chez certains malades.
Malgré l'existence d'un vaccin sûr et efficace, produit depuis la fin des années 1930, le nombre de personnes atteintes dans le monde a augmenté depuis une vingtaine d'années, et la fièvre jaune pose actuellement de sérieux problèmes de santé publique. Le microbe responsable est un virus de la famille des Flavivirus, transmis à l'homme par la piqûre de moustiques.

Deux types génétiques différents sont actifs en Afrique : l'un à l'Est et l'autre à l'Ouest. Deux autres types génétiques sont présents en Amérique du Sud, mais depuis 1974, un seul a été rendu responsable de flambées épidémiques de la maladie.

Quels sont les symptômes de la fièvre jaune ?

Après avoir été injecté dans l'organisme par des moustiques, le virus ne cause aucun symptôme pendant une période d'incubation de 3 à 6 jours. Dans certains cas, les personnes atteintes ne ressentent jamais aucun symptôme. Mais en général, une phase aiguë survient ensuite, avec :

  • Une fièvre à 39° ou 40°C,
  • Des douleurs musculaires (en particulier mal de dos),
  • Des maux de tête,
  • Des frissons,
  • Une perte d'appétit,
  • Des nausées et parfois des vomissements.

Normalement, en cas de fièvre, la fréquence cardiaque (le pouls) s'accélère. Mais dans le cas de la fièvre jaune, elle devient parfois étonnamment lente. Lorsque la phase aiguë n'est pas très violente, elle peut être difficile à distinguer d'une banale grippe. Les symptômes s'améliorent généralement au bout de 3 à 4 jours jusqu'à disparaître. Mais 24 heures plus tard, près de 15% des malades entrent alors dans la "phase toxique" de la maladie : 

  • La fièvre réapparaît,
  • La peau et le blanc des yeux du malade deviennent jaune vif,
  • Les maux de ventre reviennent, avec des vomissements.
  • Des saignements peuvent survenir, par la bouche, le nez, les yeux ou l'estomac.
  • Le fonctionnement des reins se détériore.

Environ la moitié des malades entrés dans cette "phase toxique" décèdent. L'autre moitié se remet difficilement de cette maladie.

Transmission et traitement de la maladie

Le virus se développe chez l'homme et chez certains singes. Il est transporté des uns aux autres par des moustiques de différentes espèces, vivant en milieu sauvage ou habité. Les moustiques peuvent aussi transmettre les virus à leurs oeufs, qui, très résistants, sont capables d'attendent la saison des pluies suivante pour éclore. Le virus peut ainsi survivre d'une année à l'autre.

La transmission des virus par les moustiques fournit un moyen de lutte préventive contre la fièvre jaune : la lutte contre les moustiques. Certains programmes de santé publique étaient parvenus à les éliminer de certaines régions d'Amérique du Sud. Hélas, nombre d'entre eux ont été peu à peu abandonnés ; les populations de moustiques ont à nouveau augmenté, accroissant ainsi les risques de poussées épidémiques.

Comment traiter la fièvre jaune ?

Il n'existe aucun traitement spécifique de la fièvre jaune. Aucun médicament n'est capable de détruire le virus, ni de l'empêcher de se multiplier dans le corps humain ou de diminuer ses capacités à provoquer la maladie. Aux stades de début, les seuls traitements utiles sont les médicaments contre la fièvre et les produits de réhydratation par voie orale, qui visent à empêcher le développement d'une déshydratation qui aggraverait la maladie. Des antibiotiques peuvent être prescrits en cas de surinfection (car la fièvre jaune provoque une diminution des défenses de l'organisme, le rendant ainsi vulnérable à d'autres microbes).

Au stade "toxique" de la maladie, il est nécessaire de mettre en place des mesures de réanimation ou de soins intensifs (perfusions, administration de médicaments pour améliorer la coagulation du sang, dialyse si besoin, etc.). Malheureusement, tous ces traitements sont rarement disponibles pour les populations pauvres qui vivent dans les zones à haut risque de fièvre jaune.

Initialement publié par Dr Philippe Presles le 26/08/2003 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 12/06/2017 - 15h46

" Fièvre jaune ", In Gentillini M. et Duflo B. " Médecine tropicale ", Flammarion Médecine-Sciences, Paris 1982 : 377-382. Organisation mondiale de la santé " Yellow fever " Fact Sheet N°100, Août 1999, http://www.who.int/inf-fs/en/fact100.html. " Yellow fever, In U.S. Department of health and human services (DHHS). "Health information for international travel, 1999-2000 " DHHS éd., Atlanta(USA) 1999 : 152-155, http://www.cdc.gov/travel/yellowbk99.htm. Folia Pharmacotherapeutica mai 2017

Notez cet article
PUB
A lire aussi
Le check-up vaccins : ma protection là-bas et ... ici (fin) Mis à jour le 03/04/2007 - 00h00

Si vous prévoyez un voyage à l'étranger (grosso modo en dehors de l'Europe occidentale), consultez votre médecin généraliste ou rendez-vous dans une travel clinic un mois et demi avant votre départ. Ceux-ci feront les rappels de vaccination nécessair...

Maladies du voyage : protégez-vous ! Publié le 05/05/2017 - 14h58

Si vous partez en vacances cet été pour une destination lointaine, il est plus que temps de vous protéger contre des maladies que vous pourriez rencontrer. Une consultation chez votre médecin traitant ou dans une clinique du voyage vous sera sans dou...

Plus d'articles