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Tir à balles réelles

Tir à balles réelles
Une balle de tennis ou de cricket atteint facilement des vitesses de l'ordre de 150, voire 200 km/h. On a donc tout intérêt à ne pas se trouver dans sa trajectoire à pleine vitesse. Le choc peut être fatal.

Le 10 septembre 1983, le jeune Stefan Edberg joue une demi-finale de l'US Open Junior contre Patrick McEnroe lorsqu'une de ses balles frappe malencontreusement un juge de ligne, Dick Wertheim, qui tombe de sa chaise, inanimé. On l'évacue en urgence. Rien à faire, le malheureux décède cinq jours plus tard. Stupeur et incompréhension dans le monde du tennis. Différentes hypothèses circulent alors. L'une d'elles évoque un syndrome appelé "commotio cordis" en latin ("coup au cŒur" en francais). De quoi s'agit-il? D'après ceux qui l'on décrit au début des années 70, c'est un accident tout à fait étonnant où le sujet décède juste après avoir recu un impact violent sur le thorax. En général, l'autopsie ne révèle rien de particulier. Pas de lésion du myocarde, pas d'athérosclérose, pas d'infarctus. Rien!

Des cochons au banc d'essai

Récemment des chercheurs se sont mis en tête de déterminer les causes précises de ces décès. Pour cela, ils ont utilisé de malheureux cochons qu'ils ont équipés d'un électrocardiogramme avant de les soumettre à un bombardement en règle de divers projectiles dans la région du cŒur (1). Ils ont alors constaté que si on percute la poitrine pile au moment où le cŒur se repolarise (*), il se produit un phénomène biochimique très particulier, l'activation du canal potassique, qui équivaut en quelque sorte à perfuser le cŒur d'une forte dose de potassium. Mortel! Tout est une question de microsecondes. Il faut que l'onde de choc se superpose exactement à l'activité cardiaque. Cela implique un choc d'une durée extrêmement brève comme celui produit par un objet dur qui se déplace à grande vitesse. Une pierre par exemple. Un coup de poing ou un coup de genou asséné brutalement peuvent éventuellement faire l'affaire. Mais pas un ballon de foot. Trop gros, trop lent. Aux États-Unis, on prend le problème très au sérieux. Depuis 1985, tous les accidents (entre 5 et 10 par an) sont recensés dans un grand registre statistique (2). Ils concernent majoritairement des jeunes garcons qui participent à des petites compétitions sportives (deux fois sur trois). Le commotio cordis survient alors à l'issue d'un choc entre personnes (une fois sur huit) ou, le plus souvent, lorsqu'on est frappé par un projectile: balle de baseball, palet de hockey sur glace, etc.

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Article publié par le 13/03/2007 - 00:00

Sources : (1) Commotio cordis, présentation faite par M. Juneau au congrès Coeur et Sport, Arcachon, 2002. Voir aussi: www.clubcardiosport.com. (2) Journal of the American Medical Association (JAMA) vol. 287, 2002: 1142-6.

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