Tako-tsubo, du nouveau dans le syndrome des cœurs brisés

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le 20/04/2016 - 17h03
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Tako-tsubo. Ce nom japonais désigne une maladie du muscle cardiaque provoquée par un stress, identifiée il y a une vingtaine d’années. En 2015-2016, des études l’ont éclairé un peu plus : la totalité du myocarde ventriculaire peut être touchée, son risque de mortalité avoisine celui de l’infarctus du myocarde et il n’y a pas que des chocs émotionnels tristes ou stressants qui paralysent le cœur : la joie peut aussi le "briser".

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Le Tako-tsubo, un "faux infarctus du myocarde"

Grace aux techniques d’imagerie moderne, le Tako-tsubo (ou Takotsubo) "syndrome du cœur brisé" a été réellement décrit pour la première fois au Japon dans les années 1990. Ce nom recouvre de façon précise ce que les cardiologues appelaient auparavant les myocardites de stress voire même des affections transitoires du muscle cardiaque qui n’étaient pas repérées par les cardiologues.

Les symptômes du syndrome de Tako-tsubo évoquent un syndrome coronarien aigu. Néanmoins, ce "faux infarctus de stress" ne doit pas être confondu avec un infarctus du myocarde pour plusieurs raisons. D’abord, contrairement à ce dernier, le Takotsubo est spontanément réversible en deux à trois semaines, sans séquelles. Ensuite, parce que leurs physiopathologies sont bien distinctes : alors que la crise cardiaque est provoquée par l’occlusion des artères coronaires due à l’athérosclérose provoquant la nécrose d’une partie du muscle cardiaque, dans le Takotsubo les artères coronaires sont saines (absence de sténose/rétrécissement coronaire). C’est le muscle cardiaque seul qui est concerné, sans rapport aucun avec une artère coronaire.

Que se passe-t-il lors d’un Tako-tsubo ?

Un stress intense provoque une décharge brutale de catécholamines (neurotransmetteurs dont la dopamine, l’adrénaline, la noradrénaline etc.), qui entraîne une sidération de la pointe du cœur : celle-ci ne se contracte plus. « Tako-tsubo ou infarctus du myocarde, dans les deux cas le tableau clinique est proche, explique le Pr Damien Logeart, cardiologue à l’hôpital Lariboisière (Paris), avec une douleur thoracique souvent typique, fréquemment associée à une difficulté à respirer/dyspnée (voire palpitations, nausées, vomissements, malaise, syncope) ainsi que des anomalies sur l’électrocardiogramme et une augmentation des enzymes cardiaques. ». 

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le 20/04/2016 - 17h03

(1) Cardiol., 2016; 117: 775-780 ; (2) N Engl J Med 2015; 373:929-938 ; (3) DOI: http://dx.doi.org/10.1093/eurheartj/ehv757 ehv757 First published online: 2 March 2016 ; (4) J Am Coll Cardiol 2009 ; 54 (2) : 180-181

D’après un entretien avec le Pr Damien Logeart, cardiologue à l’hôpital Lariboisière (Paris) 

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