Syndrome métabolique : un tueur sorti de l'ombre

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 30/08/2005 - 00h00
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Le syndrome métabolique correspond à une association de facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, étroitement liée à l'obésité et plus particulièrement à l'obésité abdominale. Cette affection est la conséquence d'un mode de vie auto-destructeur.

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Depuis la montée épidémique de l'obésité, on parle beaucoup du syndrome métabolique, qualifié de " tueur silencieux " par certains professionnels de santé. Associer une vie sédentaire et une alimentation trop calorique aboutit à un bilan énergétique positif : trop d'entrées et pas assez de dépenses. C'est le cas d'une proportion croissante de la population. La conséquence est l'apparition du syndrome métabolique, lequel est vecteur de maladies cardiovasculaires. Il est aujourd'hui essentiel de le dépister chez les personnes en surpoids et obèses et chez les diabétiques de type 2.

Obésité abdominale : le tour de taille

Les nouvelles recommandations pour dépister les patients atteints de syndrome métabolique soulignent l'importance de l'obésité abdominale et du tour de taille (un critère obligatoire). Le diagnostic se base ainsi sur la présence d'une obésité abdominale avec un tour de taille élevé (égal ou supérieur à 102 cm chez l'homme et 88 cm chez la femme), plus deux critères parmi les quatre suivants :

  • Triglycérides élevés (supérieurs à 1,5 g/l)
  • HDL cholestérol bas supérieur à 0,5 g/l)
  • Hypertension artérielle avec des chiffres égaux ou supérieurs à 130/85 mm Hg
  • Glycémie à jeun égale ou supérieure à 5,6 mmol/l (1,10 g/l)

Toutefois, certaines études montrent que les patients associant uniquement un tour de taille élevé et une hypertriglycéridémie à jeun, ont plus de 80% de risque d'être atteints de troubles métaboliques, augmentant leur risque de diabète de type 2 et d'accidents coronariens.

Soulignons que dépister un syndrome métabolique chez un sujet asymptomatique est important car cela permet une prise en charge précoce passant par la normalisation de la glycémie, mais également par le traitement de l'obésité abdominale.

Quelques kilos en moins peuvent suffire

Nombre d'études démontrent qu'une petite perte de poids d'environ 3-4 kg, obtenue avec une modification des habitudes alimentaires et de l'activité physique, peut permettre d'obtenir des bénéfices métaboliques et cardiovasculaires très importants. En effet, la mauvaise graisse, c'est-à-dire la graisse viscérale, est mobilisée la première, avant même la graisse sous-cutanée.

En conclusion, il suffit de peu de choses pour inverser une tendance à l'embonpoint abdominal, dont les conséquences peuvent être graves. Profitez des vacances, sinon de la rentrée, pour changer quelques habitudes de vie. Faites du sport et invitez à votre table les poissons et les légumes. De petites modifications qui font beaucoup de bien…

Publié par Isabelle Eustache, adapté par C. De Kock, journaliste santé le 30/08/2005 - 00h00 Communiqué du Pr Jean-Pierre Despres, 4e Rendez-vous Nestlé Nutrition, 20 juin 2005.
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