Le syndrome des loges met le muscle à l'étroit

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 20/05/2016 - 10h42
-A +A

Certaines pathologies posent un véritable casse-tête au corps médical. Le syndrome des loges, par exemple. Ou comment libérer un muscle emprisonné ?

PUB

Le syndrome des loges représente environ 10 % des blessures sportives d'origine non traumatique

Le syndrome des loges touche préférentiellement les jeunes athlètes (25 ans d'âge moyen) et apparaît le plus souvent au niveau de la jambe ou plus rarement au niveau des bras ou de la colonne vertébrale. De quoi s'agit-il ?

Le terme "loge" désigne ici la membrane aponévrotique qui enveloppe chaque groupe musculaire. Cette loge doit être à la fois suffisamment serrée pour bien contenir le muscle et suffisamment lâche pour lui permettre de gonfler légèrement à l'effort, notamment sous le coup d'une irrigation sanguine qui peut être multipliée par un facteur 20. Le volume du muscle augmente alors jusqu'à un tiers de sa valeur. Et pour certains athlètes, cela pose problème! Dans le cas où la loge n'est pas suffisamment extensible, ce gonflement génère une douleur comparable à une crampe qui naît au coeur du muscle comprimé.

Ce syndrome des loges touche de nombreux sportifs dans des disciplines comme le cyclisme, la course automobile, etc. Mais c'est surtout parmi les coureurs à pied qu'il exerce des ravages. Le muscle atteint devient alors très douloureux. Bien sûr, la douleur disparaît lorsqu'on s'arrête. Mais elle revient aussitôt que l'on se remet à courir. Sous la peau, on peut alors palper la loge tendue et tuméfiée. Le sang ne circule plus et toute tentative d'étirement s'avère pratiquement impossible. Parfois même, ce syndrome des loges entraîne des phénomènes de paralysie et une disparition de la sensibilité.

Pas de remède sauf un

La prise en charge thérapeutique d'un syndrome des loges pose de nombreux problèmes. Car les examens classiques (radiographie, scintigraphie, électromyogramme ou Doppler) ne décèlent absolument rien d'anormal. Pour poser le diagnostic, il faut introduire une aiguille de belle taille dans le muscle, reliée à une seringue remplie de sérum physiologique. En cas de syndrome des loges, la pression grimpe au-delà des 50 millimètres de Hg. Or, pour le mollet, par exemple, on sait qu'elle ne doit pas excéder 30 millimètres. Cet examen, assez pénible pour le sportif, est devenu un geste relativement banal en médecine sportive.

Ensuite que se passe-t-il ? De prime abord, le problème paraît relativement simple : il faut faire dégonfler ce satané muscle. Pour cela, on a tout essayé : les anti-inflammatoires, les vasodilatateurs, la glace, les massages de drainage, etc. Rien ne marche ! Le seul traitement efficace consiste à mettre le muscle au repos pour lui permettre de perdre un peu de masse. Mais, bien entendu, le problème risque de revenir plus tard avec la reprise de l'activité. Existe-t-il des méthodes efficaces de prévention ? Pas vraiment ! C'est tout juste si on diminue légèrement les risques en débutant toujours très progressivement sa course et en s'entraînant sur des parcours vallonnés et des terrains meubles. Alors, en désespoir de cause, certains athlètes choisissent de se soumettre à une opération qui consiste à ouvrir l'aponévrose de part en part pour libérer le muscle comprimé. Une solution radicale pour une affection qui résulte en définitive d'un tout petit problème de place.

Initialement publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 23/11/2004 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 20/05/2016 - 10h42
Notez cet article
Vous devez être connecté à votre compte E-Santé afin de laisser un commentaire
PUB
A lire aussi
Des antioxydants pour courir plus vite ? Mis à jour le 03/02/2004 - 00h00

La carence en antioxydants est une notion bien connue dans les vestiaires sportifs, mais la supplémentation n'améliore pas forcément la performance… Tout dépend de la charge d'entraînement et de la qualité de l'alimentation.

L'électricité, ça muscle énormément ! Publié le 07/10/2013 - 16h02

L'électrostimulation est une technique de renforcement musculaire qui permet de se muscler sans faire de sport. Elle est souvent utilisée par les sportifs professionnels... Mais peut rendre de grands services à beaucoup plus de gens encore !

Athlètes : attention au risque de mort subite Mis à jour le 08/11/2005 - 00h00

La pratique d'un sport en compétition peut augmenter le risque de mort subite. Ce sur-risque n'est le plus souvent pas imputable au sport lui-même, mais découle d'une pathologie cardiaque sous-jacente. Pour pallier cet inconvénient majeur, les athlèt...

Performance du sportif : c’est dans les gènes ? Publié le 16/08/2016 - 12h41

"Nul" en sport ? C’est en partie à cause de vos gènes . Car la volonté et l’entraînement ne font pas tout. A la base de la performance des sportifs , il y a un environnement favorable mais aussi une prédisposition génétique . Mais chez les sportifs d...

Plus d'articles