Le surmenage, responsable de maladies cardiovasculaires

Publié par Dr Christelle PIERROT médecin généraliste le 10/11/2015 - 15h35
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Notre vie quotidienne consiste, pour beaucoup d’entre nous, en de longues journées de travail qui peuvent tourner au surmenage. Celui-ci peut constituer à long terme un vrai risque pour la santé.

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Le surmenage et les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires

Plusieurs facteurs jouent un rôle dans l’apparition des maladies cardiovasculaires par le biais de la formation de plaques de « graisse » (appelées plaques d’athérome) qui se déposent dans les vaisseaux, notamment dans ceux du cœur (les coronaires) et du cerveau, les obstruant peu à peu. C’est lorsque les vaisseaux sont complètement bouchés par ces plaques d’athérome que survient l'infarctus du myocarde ou l'accident vasculaire cérébral.

Ainsi, sont déjà étiquetés comme facteurs de risques cardiovasculaires l’âge, le sexe masculin, les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’obésité, l’absence d’activité physique, un régime alimentaire inadapté, le diabète, l’hypercholestérolémie et l’hypertension artérielle.

Le surmenage, une charge de travail  excessive, est lié à certains de ces facteurs de risque des maladies cardiovasculaires : quand les journée sont longues il est difficile de trouver le temps de faire du sport, et tentant de se tourner vers des toxiques comme le tabac et l’alcool… Alors, le travail pourrait-il être un facteur de risque de maladie cardiovasculaire ?

 

Le surmenage : un nouveau facteur de risque de maladies cardiovasculaires identifié

Une étude scientifique de 2015* menée à grande échelle objective cette intuition puisqu’elle rend les conclusions suivantes : oui, travailler 55 heures ou plus par semaine expose à un risque significativement plus élevé de maladie coronarienne (c’est-à-dire touchant le cœur) par rapport à une population standard travaillant 35 à 40 heures par semaine. Et surtout, ce surmenage expose à un risque encore plus accru d’accident vasculaire cérébral. Le risque augmente progressivement entre 40 et 55 heures de travail (ou plus) par semaine.

Ces conclusions sont valables quel que soit le type de métier effectué, que ce soit un travail de bureau, un travail manuel, un travail physique : seul le nombre d’heures travaillées entre en ligne de compte.

 

Publié par Dr Christelle PIERROT médecin généraliste le 10/11/2015 - 15h35

*The Lancet, le 20/08/2015, Long working hours and risk of coronary heart disease and stroke: a systematic review and meta-analysis of published and unpublished data for 603 838 individuals

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