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Sur la psychothérapie 3: sortir du cadre

Sur la psychothérapie 3: sortir du cadre

Afin de tenter d’expliquer, avec le plus d’élégance et de justesse possible, la nature des processus névrotiques ainsi que le ressort de la démarche psychothérapeutique, je vous avais invités le mois passé à vous pencher sur un petit problème. Il s’agissait de relier les 9 points de la figure présentée, par 4 lignes droites, sans lever le stylo. La solution trône ci-dessus.

Mais de quel "cadre" parlons-nous? Du carré formé par les 9 points, pardi! Il s’agit de ne pas se limiter à l’espace cerné par ce carré.

 

Mais de quel carré parlons-nous? Où voyez-vous écrit dans la consigne qu’il faille se limiter à un carré? Les contraintes sont les suivantes: 9 points, 4 droites, sans lever le stylo. Pourquoi diable ajoute-t-on une quatrième contrainte (laquelle rend toute solution impossible)? Tout simplement parce que - soumis que nous sommes à la conformité sociale - nous nous fondons sur une sorte de convention qui assimile habituellement ce genre de figure à un carré. Et également parce que, à côté de notre cerveau gauche (l’hémisphère analytique) - qui voit les choses en détails (9 points, donc), notre cerveau droit (l’hémisphère holistique) voit lui les choses dans leur globalité (il fait naître des formes - ou gestalts: un carré, par exemple). Autrement dit, le carré en question n’existe que dans notre esprit.

 

Voilà qui constitue une parfaite illustration de la névrose. Le problème n’est pas l’adversité que me fait subir le monde (le fait de devoir relier les 9 points d’une figure ne pose en réalité aucune difficulté). Le problème est que je perçois ce que le monde me soumet d’une manière erronée (je suis convaincu d’être obligé de relier les 9 points au sein d’un carré). Erronée du fait que le choix de cette vision du monde me fait tomber dans un inextricable piège. Et je vais ainsi buter et buter encore, contre un mur qui me paraitra de plus en plus infranchissable. Je vais répéter mes vaines tentatives de solution, croyant sincèrement tout essayer pour passer l’obstacle, alors que je ne fais que plus de la même chose. Telle la mouche prisonnière de la bouteille à mouche, je vais persister dans d’inutiles variations sur un même thème, sans jamais remettre mes prémisses en cause.

 

Je vous invite à visiter mon site  www.rolandpec.org  (CHRONO SleepWell, "Nocturnes", etc.), ainsi qu'à vous inscrire à ma Newsletter mensuelle (chronique, etc.).

Article publié par le 07/10/2011

Ce billet fait partie du blog de Roland Pec, Le blog psy

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