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Sport et insuline : même combat

Sport et insuline : même combatL'insuline est une hormone qui permet le transport du glucose à travers les membranes cellulaires et active la production d'un des principaux carburants de l'effort, le glycogène.


Des cellules avides de sucres


Le terme insuline a été proposé il y a une centaine d'années. Depuis lors, cette hormone exerce une véritable fascination sur les physiologistes, notamment les conditions de sa libération par le pancréas dans le sang. On sait en effet que ce phénomène répond à une prise de nourriture, surtout des aliments sucrés. Quelques minutes après le repas, la concentration plasmatique d'insuline peut se trouver multipliée par un facteur dix. Cela permet aux sucres d'entrer massivement dans les cellules. L'insuline participe ainsi à la reconstitution des réserves de glycogène, considérée comme "le carburant de l'effort" par les spécialistes de physiologie sportive.

Comment s'en passer?


Voilà comment cela se passe pour la grande majorité des individus. Chez les sportifs, un autre mécanisme entre en ligne de compte. L'entraînement régulier provoque en effet une forte avidité du muscle pour le sucre. Après un repas ou une collation, la cellule n'attend plus la libération de l'insuline pour procéder à l'intégration. Elle procède de son propre chef et se sert pour cela de la présence du calcium que la contraction musculaire a fait sortir du réticulum sarcoplasmique. Ce mécanisme se révèle très précieux pour les sportifs qui peuvent ainsi répondre plus rapidement à l'épuisement des stocks énergétiques, sans attendre la libération d'insuline. Spontanément, ils reconstituent ainsi leurs réserves de glycogène dans le muscle et le foie en prévision des efforts à fournir. Mais ils ne sont pas les seuls à tirer bénéfice de ce mécanisme adaptatif. Celui-ci s'avère aussi très précieux dans la prise en charge de patients atteints de diabète. Cette maladie se caractérise en effet par une carence dans la production d'insuline. Pour différentes raisons liées à la génétique et/ou au mode de vie, il arrive que le pancréas ne sache plus répondre à la demande. On doit alors apporter l'hormone sous forme de piqûres.

Or, le sport peut lui aussi remédier, du moins en partie, à cette situation. De fait, une série d'études scientifiques ont démontré que l'on pouvait diminuer les quantités d'hormones en injection après la mise en place d'un programme de remise en forme; raison pour laquelle les diabétologues insistent beaucoup auprès de leurs patients désormais pour qu'ils se mettent ou se remettent au sport après des années de sédentarité. En clair, l'activité physique permet de "faire comme l'insuline".


Gilles Goetghebuer, journaliste santé
20/06/2006


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