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Sport et dopage: place aux gènes

Sport et dopage: place aux gènes
Tout le monde parle désormais de dopage génétique. Mais qu'entend-on précisément par cette expression? Mystère!

La génétique aujourd'hui: on est encore loin du dopage!


Beaucoup d'observateurs prévoient l'avènement d'une médecine génétique où l'on ne se contenterait pas de lutter contre les infections et de soulager les symptômes des maladies mais où l'on interviendrait directement au coeur des cellules pour en réécrire le programme. Chez les animaux, des expériences assez étonnantes sont régulièrement publiées. On a tous en tête ces images d'animaux (singes, souris) devenus luminescents après le greffe d'un gène de méduse. Très impressionnant! Chez les hommes, on reste beaucoup plus prudent et, à ce jour, les seules vraies réussites de la thérapie génique concernent ceux que l'on appelle les "bébés bulles" qui doivent vivre dans un milieu stérile en raison d'une déficience grave de leur système immunitaire. Certains ont été guéris par un traitement de thérapie génique. D'autres ont développé des leucémies quelques années plus tard, ce qui justifie évidemment la prudence aujourd'hui de mise. Bien sûr, il reste possible qu'à l'avenir, on parvienne à résoudre enfin les problèmes posés par le transfert de gènes. Une chose est certaine cependant: ce n'est pas pour demain! Quant aux applications de ces techniques dans une optique de dopage génétique, tout est encore beaucoup plus flou et incertain.

Des macaques dopés à l'EPO


Cela n'empêche pas le "dopage génétique" de faire régulièrement les Une de l'actualité. Il faut dire que l'expression possède un petit côté fourre-tout qui lui vaut d'être utilisée parfois pour désigner les méthodes d'ingénierie génétique grâce auxquelles on fabrique désormais toute une série de médicaments comme l'EPO ou les facteurs de croissance. Auquel cas, oui, on est déjà dans l'ère du dopage génétique. Et même depuis un bon moment! La première insuline humaine produite par des bactéries modifiées date de 1982. D'autres considèrent que l'expression "dopage génétique" devrait être comprise dans un sens plus restrictif et réservée aux seules méthodes qui permettent de transformer le génome de l'individu. Dans ce cas-là, il y a fort à parier que la médecine du sport, même dans le secret des laboratoires clandestins, restent très en retrait par rapport aux fantasmes des journalistes. Quelques expériences ont déjà été tentées notamment sur des macaques auxquels on a greffé un gène de l'hormone EPO bien connue des sportifs d'endurance. La méthode s'est révélée efficace mais dangereuse et, semble-t-il, assez facilement repérable dans le cadre d'un contrôle sanguin. Bref, les dopés devront donc vraisemblablement trouver autre chose!

Article publié par le 02/08/2010

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