Sport et contraception féminine
La médecine actuelle n'est pas avare de spécialisations. Aucune trace pourtant, d'une "gynécologie sportive". Dommage!
Cette spécialisation permettrait de mieux tenir compte des fluctuations hormonales en cours de cycle, et de leur influence sur la pratique sportive. Le choix d'une contraception doit également tenir compte de l'activité physique. Ainsi, la plupart des athlètes optent pour la pilule plutôt que le stérilet, en raison notamment du risque d'anémie. Avec un stérilet classique, les règles sont en effet plus abondantes et l'on perd plus de fer. Or, chez la sportive, le problème de carence martiale se pose avec acuité, surtout dans les disciplines, comme la course à pied, qui entraînent des micro traumatismes et des micro hémorragies à répétition. Une perte accrue de sang lors des menstrues accélère ce processus néfaste. Autre problème: le stérilet risque de bouger dans l'utérus de l'athlète et cesserait alors d'être efficace. En cas de choc, il pourrait aussi blesser l'utérus, ce qui compromettrait les chances de procréation. Jusqu'à récemment, on le proposait rarement aux jeunes femmes en âge de procréer. Ce n'est plus le cas avec les nouveaux modèles à libération locale de progestatif, qui induisent moins de désagréments.
La femme n'est pas une athlète comme les autres
La pilule quant à elle possède un avantage majeur, celui d'atténuer fortement les effets du syndrome prémenstruel. Entre l'ovulation et l'apparition des règles, le corps est imbibé de progestérone. Les seins gonflent, la femme se sent plus nerveuse. La tension artérielle et les pulsations cardiaques de repos augmentent aussi, ce qui constitue un climat plutôt défavorable à la performance. (Durant la première partie du cycle, le corps sécrète des Œstrogènes. C'est la phase stable du cycle. Durant la deuxième phase, la femme sécrète davantage de progestérone. C'est alors que survient la majorité des problèmes liés à une pratique sportive intense.) A l'approche d'une compétition, beaucoup de sportives utilisent la pilule pour décaler le cycle. Cela ne porte pas à conséquence. Il ne faudrait cependant pas en faire une habitude et, de toute manière, mieux vaut raccourcir que prolonger le cycle. Pour cela, il existe différentes techniques. Une femme sous pilule combinée peut simplement arrêter la prise après sept jours d'un nouveau cycle. Si elle utilise une pilule bi ou triphasique, elle passera directement aux derniers comprimés de la tablette. On peut aussi recourir à la prise d'Utrogestan® (progestatif) pendant une semaine, avec augmentation de la dose le septième jour, ce qui déclenche une hémorragie de privation trois jours après.
Article publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 29/09/2003 - 23:00
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