Sport et cerveau : attention aux chocs à la tête !

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 03/02/2014 - 16h24
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Boxe, football, rugby : autant de sports où les traumatismes à la tête sont légion. Sans oublier les chutes à skis, en rollers ou à vélo.

A la longue, la multiplication de chocs à la tête peut générer des séquelles même si les symptômes ne semblent pas immédiatement graves.

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Les chocs à la tête répétés sont redoutables

Le cerveau garde la mémoire des traumatismes qu'il subit.
Bien consciente du danger, la nature a d'ailleurs cherché à le protéger le mieux possible. Comme pour les casques cyclistes, on observe dans le crâne la superposition d'une enveloppe souple - les méninges - et d'une autre rigide - la boîte crânienne - grâce auxquelles l'organe est relativement à l'abri.

Mais notre cerveau reste vulnérable aux chocs rapides de la tête contre un obstacle.
L'inertie du cerveau l'envoie alors buter contre les parois osseuses à l'intérieur même de son carcan et, à chaque fois, cela coûte la vie à quelques milliers de cellules... Cette disparition n'est pas trop grave en soi. Les neurones perdus ne constituent qu'une goutte d'eau à l'échelle du cerveau qui en compte entre 100 et 300 milliards au début de la vie. Même sans faire du sport, nous en perdons chaque jour des milliers et le cerveau se trouve classiquement délesté d'environ 10% de son poids en cours d'existence sans que cela n'affecte les aptitudes intellectuelles.

Les problèmes surviennent lorsque ces coups sur la tête surviennent de façon répétée.
L'ensemble des tissus se trouve alors fragilisé et la destruction prend une ampleur inhabituelle. Cela entraîne une détérioration des organes sensitifs et une perte des fonctions cognitives générales ou de la mémoire. Par exemple, on se rend dans une pièce et l'on oublie totalement ce que l'on venait y faire. Des maladies surviennent également de façon précoce ; c'est ce qui est arrivé au boxeur Muhammad Ali, atteint d'un Parkinson avant l'âge de 50 ans.

Un seul choc à la tête est déjà dangereux

D'autres situations graves peuvent découler d'un choc violent sur la tête.
Il arrive en effet qu'un épanchement sanguin se produise à l'intérieur du crâne et comprime le cerveau avec le risque d'interrompre les fonctions vitales. Un tel traumatisme crânien peut donc être fatal, et est d'autant plus dangereux que l'ampleur des dégâts n'est pas toujours apparente immédiatement. C'est le cas du cycliste, professionnel ou pas, qui après une chute se relève tranquillement... Mais doit être conduit en urgence à l'hôpital quelques heures après, quand l'hémorragie intra crânienne devient manifeste. Le risque de décès est bien réel.

Accidents du sport : comment réagir après un choc important à la tête ?

  • Pour que d'éventuelles pertes de connaissances ne passent pas inaperçues, on déconseille de faire immédiatement dormir la personne après une chute grave.
  • N'hésitez pas à contacter les services de secours en cas de commotion avec ou sans perte de connaissance, nausées, saignements, etc.

La médecine du cerveau a beaucoup progressé et permet désormais de sauver des vies qui autrefois auraient été irrémédiablement condamnées.

Initialement publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le 18/10/2005 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 03/02/2014 - 16h24
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