La spondylarthrite ankylosante : une maladie très difficile à dépister

Mise à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 27/06/2017 - 14h55
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Une grande particularité de la spondylarthrite ankylosante est qu'elle est très difficile à dépister même lorsque la maladie est à un stade avancé et qu'elle entraîne un handicap sévère. Parce qu'on ne voit rien à la radio.

Il existe ainsi des personnes jeunes qui souffrent énormément pendant des années avant que l'on pense à une spondylarthrite ankylosante et que l'on propose enfin l'examen adéquat.

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Le diagnostic peut prendre des dizaines d'années...

La spondylarthrite ankylosante est une maladie rhumatismale inflammatoire qui touche des sujets jeunes.
Elle atteint les articulations de la colonne vertébrale, mais aussi les pieds, les jambes et les mains, et provoque des douleurs, des raideurs et une fatigue intense. Dans un grand nombre de cas, les personnes souffrent et se sentent épuisées sans savoir qu'il s'agit d'une spondylarthrite ankylosante. Cette situation dure souvent des années avant que cette maladie ne soit diagnostiquée.

En effet, la plupart du temps, les radios sont normales. Pourtant, l'inflammation est là, au niveau des tissus péri-articulaires, des tendons, des ligaments, expliquant la souffrance et l'invalidité des personnes concernées. Beaucoup de maladies étiquetées fibromyalgiques notamment sont en fait des spondylarthrites ankylosantes.
 

Alors comment se sortir de cette impasse ? Quel est l'examen diagnostic ?

Il faut passer une IRM avec injection de gadolinium.
Seul cet examen permet de mettre en évidence les inflammations des tissus mous autour de l'os. Mais cette technique d'imagerie ne se réalise que dans certains hôpitaux.

En pratique, une personne qui présente des douleurs typiquement inflammatoires, qui se réveille la nuit, qui souffre de raidissement important le matin, d'un handicap fonctionnel et d'une fatigue chronique, et pour laquelle on ne trouve aucune explication claire à la radio, doit penser à la spondylarthrite ankylosante et se faire prescrire une IRM avec gadolinium.
 

Quel traitement contre la spondylarthrite ankylosante ?

Le traitement initial de la spondylarthrite ankylosante repose sur des médicaments anti-inflammatoires, mais il est inefficace dans environ 40% des cas.

Depuis quelques années, les anti-TNF ont permis un grand progrès dans la prise en charge ; mais ces médicaments comportent des effets secondaires importants (augmentation du risque de cancer de la peau et d'infections graves) et ne sont délivrés qu'à l'hôpital.

La prise en charge se fait sur le long terme, au minimum sur 30 ans. Les effets des anti-TNF sont généralement spectaculaires, mais si l'on arrête son traitement, les symptômes de la maladie reviennent aussi vite.

Initialement publié par Dr Philippe Presles le 09/10/2007 - 00h00 et mis à jour par Marion Garteiser, journaliste santé le 27/06/2017 - 14h55

Société française de rhumatologie consacrée à cette maladie : www.rhumatologie.asso.fr.

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