Si l'on en croit les arguments de l'industrie textile, les sportives devraient porter des soutiens-gorge spéciaux. Une étude tempère quelque peu cette affirmation.
En 2003, une jeune sportive, doctorante en médecine, Laetitia Pierrot s'est intéressée à la question de savoir s'il y avait véritablement un intérêt pour une femme de porter ou non un soutien-gorge pendant la pratique sportive (1). A cet effet, elle a réalisé une étude sur 33 volontaires pratiquantes régulières à qui elle a demandé de dégrafer le haut pendant un an. Les sujets avaient entre 18 et 25 ans, étaient en bonne santé, ne fumaient pas et pratiquaient une activité sportive d'au moins quatre heures par semaine. Elle y a différencié les sports à mobilité verticale, par exemple la gymnastique ou la course à pied, par opposition aux disciplines en position couchée comme la natation. Précisons que ces femmes arrêtaient complètement le port du soutien-gorge, c'est-à-dire non seulement pendant la pratique sportive, mais aussi dans la vie quotidienne. Le protocole prévoyait un bilan biométrique et interrogatoire des sujets à 4 reprises durant l'étude.
Lors de la première évaluation qui survenait à 6 semaines du début de l'étude, une majorité de femmes faisait état d'un certain inconfort; il n'est en effet pas aisé de se défaire d'une habitude à ce point ancrée dans la vie quotidienne. Cette plainte s'atténuait au bout de six mois, et disparaissait au terme de l'étude, avec 88% de femmes qui déclaraient ressentir plus de confort et une meilleure liberté gestuelle. Quant aux paramètres purement physiques mesurés lors des différents bilans, on constatait une amélioration de la qualité des tissus et un meilleur développement musculaire pour l'ensemble des muscles rotateurs de l'épaule et du muscle grand pectoral. Avec en prime une diminution importante des vergetures au cours des six premières semaines. Ceci s'expliquait par l'absence de compression du soutien-gorge sur la peau et les pédicules vasculaires et un meilleur drainage veineux et lymphatique. D'autres mesures confirmèrent l'avantage de ne pas porter de soutien-gorge. Après un an, on notait par exemple une nette diminution de la hauteur mamelon-acromion. Le sein se trouvait donc légèrement rehaussé. D'autres mesures abondèrent dans le même sens: augmentation de la hauteur mamelon-base du sein et de l'angle mamelon-horizontale. En revanche, on n'observait pas de différence significative concernant le type de sports pratiqués.
Gilles Goetghebuer, journaliste santé
18/07/2006
Pierrot L., Evolution du sein après l'arrêt du port du soutien gorge, étude préliminaire longitudinale sur 33 sportives volontaires, Thèse présentée le 19 décembre 2003 devant la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Besançon.
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