Soumission chimique : les femmes jeunes sont les principales victimes

Publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 12/06/2007 - 00h00
-A +A

Selon une enquête francaise, les jeunes femmes restent les principales victimes de soumission chimique à des fins d'agression sexuelle. Elles doivent également être averties sur le fait que la consommation volontaire d'alcool ou de cannabis accentue les effets des substances psychoactives administrées par les agresseurs…

PUB

"La soumission chimique se définit comme l'administration de substances psychoactives, à l'insu de la victime, à des fins criminelles ou délictuelles". Les substances psychoactives étant susceptibles de modifier l'état de conscience et le comportement, elles peuvent effectivement faciliter toutes sortes d'agression : vol, violence volontaire, viol, acte de pédophilie…

Dans un but de prévention et pour améliorer de la prise en charge des victimes, l'Agence francaise de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a mis en place une enquête dont les résultats permettent d'améliorer les connaissances sur cette pratique : identification des substances utilisées, évaluation des effets, contexte des agressions, identification des agresseurs, etc. Pour la France, entre avril 2005 et mai 2006, 316 cas de soumissions chimiques ont été enregistrés.

La soumission chimique avérée

Dans 94 cas, la substance psychoactive a été identifiée par analyse, ce qui ne laisse aucun doute sur l'acte de soumission chimique.

Quelles sont les substances utilisées ?
Les substances les plus fréquemment utilisées sont des médicaments anxiolytiques et hypnotiques, le plus souvent ajoutés à des boissons alcoolisées ou non. Dans 35% des cas, les victimes avaient volontairement absorbé de l'alcool, dans 13% des cas du cannabis et dans 26% des cas les victimes prenaient un traitement psychoactif. Ces trois substances sont susceptibles d'accentuer les effets de la substance employée par l'agresseur.

Quels sont les effets ?
Les symptômes les plus fréquemment rapportés par les victimes sont les suivants :
• perte de mémoire,
• troubles de la vigilance,
• lésions traumatiques,
• troubles de la vue.

Qui sont les victimes?
• Les victimes ont en moyenne 33 ans, mais dans 16% des cas il s'agit de personnes mineures, une proportion en hausse.
• Ce sont majoritairement des femmes (66%),
• Les agressions sont essentiellement sexuelles (43%), les vols arrivant juste ensuite (38%).
• Les femmes sont davantage victimes de viol et les hommes de vol.
• Les agressions peuvent se dérouler aussi bien au domicile de la victime ou de l'agresseur, qu'en milieu festif.

Les autres cas

Dans 98 cas, l'agression ne répondait pas strictement à la définition de soumission chimique car les substances étaient ingérées sous la menace (notamment des personnes âgées ou des femmes contraintes d'absorber le produit) ou volontairement (alcool, médicaments, cannabis ou autres drogues : l'agresseur profite alors de la situation).
Ces agressions ont été majoritairement sexuelles.

Dans les 129 cas restants, soit plus de 40% des résultats enregistrés, la soumission chimique a été suspectée mais n'a pas pu être prouvée.

En conclusion, les femmes jeunes restent les principales victimes de soumission chimique à des fins d'agression sexuelle, mais le nombre de victimes mineures tend à augmenter. Il convient de mettre en garde contre les effets malsains de la double consommation, volontaire et non volontaire, en ce sens que la prise d'alcool ou le cannabis accentuent les effets des substances administrées par l'agresseur.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste Santé le 12/06/2007 - 00h00 Communication de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) du 29 mai 2007.
Notez cet article
Vous devez être connecté à votre compte E-Santé afin de laisser un commentaire
PUB
A lire aussi
Drogue du viol : ne posez jamais votre verre ! Mis à jour le 06/03/2007 - 00h00

Ne lâchez votre verre sous aucun prétexte. En boîte, dans un bar ou dans tout autre endroit festif, ne vous séparez jamais de votre verre, au risque qu'on vous verse quelque substance douteuse, voire franchement dangereuse. C'est le cas des drogues d...

Peut-on s’empoisonner avec du cannabis ? Publié le 24/11/2016 - 14h08

5% de la population consomme régulièrement du cannabis . Si le but recherché est “récréatif”, des effets indésirables peuvent également survenir. Plus graves, les cas d’ intoxication accidentelle tendent à se multiplier tant chez les enfants… que che...

Qui sont les agresseurs sexuels? Mis à jour le 06/06/2011 - 10h01

Il a agressé , violé une femme? Mais c'est un malade! Cette réaction est celle d'une personne saine dans ses pulsions sexuelles . Elle ne comprend pas et pense forcément que l'agresseur souffre d'une pathologie. Qu'en est-il vraiment?

Le cannabis, ça déprime ! Mis à jour le 08/01/2002 - 00h00

A l'heure où l'on se pose de nombreuses questions sur la dépénalisation du cannabis , une étude montre que sa consommation multiplie par 4 le risque de développer des symptômes dépressifs.

Plus d'articles