Sevrage tabagique : tout savoir sur le sevrage tabagique

Publié par Dr Philippe Presles : adaptation Danielle Pickman, journaliste santé le 17/09/2002 - 00h00
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Les outils anti-tabac pharmacologiques

Les gommes à la nicotineCes gommes à mâcher permettent de diminuer les doses de cigarettes. La mastication remplace le geste de fumer et la nicotine est absorbée par la muqueuse buccale et non par les poumons. La posologie dépend évidemment du nombre de cigarettes inhalées quotidiennement. Il faut aussi, dans un deuxième temps, se désintoxiquer de la nicotine, en l'occurence du chewing-gum... Inconvénients: le goût est parfois désagréable, et il faut être prudent si l'on a un bridge ou une couronne.Le timbre à la nicotineLa nicotine est diffusée dans le sang à petites doses par la peau, tant que l'on porte le timbre, plutôt que d'être inhalée. On applique chaque jour un timbre ou patch sur la peau, qui diffuse la nicotine dans le sang de facon à supprimer l'effet de manque. Le timbre existe en trois dosages différents, selon le degré de dépendance. Durée du traitement: variable, jusqu'à trois mois. Ce traitement se fait uniquement, pour le moment, sous contrôle médical avec, au préalable, un bilan cardio-vasculaire. Il est indispensable de ne pas fumer lorsque l'on porte un patch. Eviter également d'en porter durant la nuit. Inconvénients: peut provoquer chez certains des palpitations, des vertiges ou des nausées.La pilule anti-tabacLe bupropion (Zyban) agit en prenant la place de la nicotine sur les récepteurs qui se trouvent dans le cerveau. En occupant cette place, il empêche la nicotine d'exercer ses effets néfastes.Ceci explique aussi pourquoi, le bupropion peut être commencé alors que le fumeur tire ses dernières cigarettes (ceci est formellement contre-indiqué avec les substituts de la nicotine) et pourquoi il peut être combiné aux substituts de la nicotine.Les effets secondaires sont bien identifiés pour le bupropion : convulsions, réactions dépressives, anorexie, insomnie, etc.

La prise de poids : 1er facteur d'échec

Le premier facteur d'échec au sevrage est la prise de poids. Rappelons quand même que la cigarette agit comme un coupe faim et un accélérateur du métabolisme. Ceci peut expliquer une prise de poids de 2 à 3Kg à l'arrêt de la cigarette et rarement plus.Même si l'augmentation du poids n'a pas autant d'effets négatifs sur la santé que le tabagisme et même si l'exercice physique la réduit (et favorise le sevrage lui-même), cet effet n'encourage pas les candidats au sevrage. Le bupropion et la nicotine contrent la prise de poids, mais uniquement durant leur utilisation. Parallèlement à l'arrêt du tabac, il est donc nécessaire d'adopter une bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée et activités physiques).Néanmoins, de nombreux autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte :

  • la motivation
  • le choix du moment
  • avertir son entourage
  • avertir ses collègues
  • arrêter en même temps qu'un conjoint, un ami…
  • couper l'envie avec un grand verre d'eau
  • éviter de compenser avec les plaisirs de la table
  • se faire accompagner dans son sevrage par un ou des professionnels de la santé
C'est évident, le sevrage tabagique est difficile au même titre que le sevrage à n'importe quelle drogue.La motivation, les traitements pharmacologiques, les techniques alternatives, la psychothérapie permettent pourtant d'atteindre des taux de succès supérieurs à 30% et, cela, c'est beaucoup plus élevé que pour n'importa quelle autre dépendance.

Publié par adaptation Danielle Pickman, journaliste santé le 17/09/2002 - 00h00 Rigotti N., N. Engl. J. Med., 346 (7): 506-512, 2002.
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